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Guerre en Iran : l’Espagne ne veut pas des bases américaines, Trump menace

L’Union européenne s’est dite mercredi « prête à réagir » pour défendre ses intérêts et ceux de ses Etats membres face aux menaces de Donald Trump contre l’Espagne en matière commerciale. Le gouvernement espagnol a assuré mardi soir que l’Espagne était « un partenaire commercial fiable pour 195 pays dans le monde », dont les États-Unis.


L’Union européenne a annoncé mercredi qu’elle était « prête à réagir » pour protéger ses intérêts et ceux de ses États membres face aux menaces de Donald Trump concernant l’Espagne sur le plan commercial. Voici les éléments clés de la situation.

### Que reproche Trump aux Espagnols ?

Le président américain a menacé mardi de rompre les relations commerciales entre les États-Unis et l’Espagne suite au refus du gouvernement espagnol de permettre à Washington d’utiliser deux bases militaires américaines en Andalousie dans le cadre de la guerre contre l’Iran. Ces bases, la base navale de Rota et la base aérienne de Morón, sont issues d’un accord signé en 1953 entre les États-Unis et l’Espagne, alors sous la direction de Franco.

Donald Trump a également critiqué l’Espagne pour ne pas avoir augmenté ses dépenses militaires à 5 % du PIB, conformément au nouvel objectif fixé par l’Otan à l’initiative de Washington. « L’Espagne a été très, très peu coopérative », a exprimé le président.

### Des objectifs « pas clairs » contre l’Iran ?

Mercredi, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a réagi à ces menaces. « Non à la guerre ! […] Nous sommes opposés à ce désastre », a déclaré le chef du gouvernement dans un discours, affirmant que cette position était partagée par « de nombreux autres gouvernements » et « des millions de citoyens en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient qui ne demandent pas davantage de guerre ou d’incertitude ».

« Nous ne serons pas complices de quelque chose qui est néfaste pour le monde et qui va à l’encontre de nos valeurs et de nos intérêts, simplement par peur des représailles », a-t-il ajouté, tout en soulignant que les objectifs de Washington et d’Israël à l’encontre de l’Iran n’étaient « pas clairs ».

Il a déploré que « ce qui en ressortira ne sera pas un ordre international plus juste » et a jugé « inacceptable » que « des dirigeants […] utilisent l’écran de fumée de la guerre pour dissimuler leur échec ». Le Premier ministre a réitéré son appel à « la cessation des hostilités et une résolution diplomatique » entre toutes les parties impliquées.

### Des conséquences pour l’Espagne ?

Le gouvernement espagnol a réagi mardi soir aux déclarations de Trump, affirmant que l’Espagne était « un partenaire commercial fiable pour 195 pays dans le monde », y compris les États-Unis.

« Si l’administration américaine souhaite revoir (sa relation commerciale avec l’Espagne), elle devra respecter l’autonomie des entreprises privées, la légalité internationale et les accords bilatéraux entre l’Union européenne et les États-Unis », a indiqué le communiqué. Il a également été précisé que « notre pays dispose des ressources nécessaires pour atténuer d’éventuels impacts, soutenir les secteurs touchés et diversifier les chaînes d’approvisionnement ».

### Que dit la Commission européenne ?

« La Commission veillera à ce que les intérêts de l’Union européenne soient pleinement protégés. Nous sommes solidaires de tous les États membres et de leurs citoyens et prêts à réagir si nécessaire, à travers notre politique commerciale commune, pour défendre les intérêts de l’UE », a déclaré un porte-parole.

Il a ajouté que « l’UE et les États-Unis ont conclu l’an dernier un accord commercial majeur » et que la Commission « attend des États-Unis qu’ils respectent pleinement leurs engagements », tout en réaffirmant que l’Europe « continuerait à œuvrer pour des relations commerciales transatlantiques stables, prévisibles et mutuellement bénéfiques ».