France

Guerre en Iran : Identification des bases françaises au Moyen-Orient.

Des Rafale français ont mené « des opérations de sécurisation du ciel » au-dessus des bases françaises aux Emirats arabes unis. La France a par ailleurs affirmé qu’elle était prête à venir en aide aux pays du Golfe et à la Jordanie, touchés par la guerre en Iran.


Des Rafale français ont réalisé « des opérations de sécurisation du ciel » au-dessus des bases françaises situées aux Émirats arabes unis, selon des informations rapportées mardi. Dimanche, au cours du deuxième jour du conflit en Iran, une base navale d’Abou Dabi, qui abrite des forces françaises, a été ciblée par une attaque de drones iraniens, entraînant un incendie au niveau d’un hangar, sans faire de victime.

« Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Émiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d’Abou Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n’est à déplorer. La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui… » a déclaré Catherine Vautrin.

La France a également assuré qu’elle était prête à apporter son soutien aux pays du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman) ainsi qu’à la Jordanie, tous affectés par la guerre en Iran. Elle pourrait alors mobiliser ses forces présentes dans la région, allant du Levant à Djibouti. *20 Minutes* fait le point sur cette présence française, qui compte environ 4.000 militaires.

Les Forces françaises aux Émirats arabes unis

Depuis 2009, une « implantation militaire française permanente » regroupant environ 650 soldats est établie aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’un partenariat stratégique. Cette région est considérée comme une « zone d’intérêt majeure », selon le ministère des Armées.

La France possède trois bases, dont la base navale d’Al Salam à Abou Dabi, capable d’accueillir tous types de bâtiments de la marine nationale, à l’exception des porte-avions, qui peuvent accoster à proximité immédiate, dans le port commercial de Mina Zayed.

À 60 km de là, la base aérienne 104, intégrée à la base aérienne émirienne d’Al Dhafra, abrite l’escadron de chasse 1/7 « Provence », équipé de sept Rafale. Cette base est également conçue pour accueillir divers aéronefs (avions de chasse, transporteurs A400M, ravitailleurs, etc.). Enfin, à 65 km d’Abou Dabi, le 5° Régiment de Cuirassiers (5°RC) stationné à Zayed Military City est composé d’un escadron de commandement et de logistique, d’un escadron blindé comprenant trois pelotons de chars Leclerc et d’une section d’infanterie sur VBCI (Véhicule blindé de combat d’infanterie), en plus d’un sous-groupement Caesar renforcé d’une équipe de contrôle aérien avancé.

« Avec près de 900 militaires et civils de la défense, les FFEAU constituent l’une des bases opérationnelles avancées françaises à l’étranger la plus à l’est, explique le ministère des Armées. À ce titre, elle appuie les moyens militaires français déployés dans le golfe Arabo-Persique et le Nord de l’océan Indien. »

Les Forces françaises au Levant

Environ 600 militaires français sont déployés en Irak dans le cadre de l’opération Chammal, qui est le volet français de l’opération internationale Inherent Resolve, incluant 80 pays et 5 organisations internationales, engagés dans la lutte contre Daesh.

Bien que les forces de la coalition internationale n’effectuent plus d’opérations au sol depuis 2022, les forces françaises continuent « d’assurer un soutien militaire aérien et maritime aux Forces de sécurité irakiennes (FSI), ainsi qu’un accompagnement du commandement irakien dans sa mission de stabilisation de la région », précise le ministère des Armées.

Les Forces françaises stationnées à Djibouti

Pour « garantir son autonomie d’appréciation de situation et la sécurité des Français en Afrique mais aussi au Moyen-Orient, la France bénéficie d’une base militaire à Djibouti », selon le ministère des Armées. Avec 1.500 militaires, c’est le plus important contingent de soldats français à l’étranger.

« Les Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ) s’articulent autour de plusieurs emprises, détaille le ministère des Armées : le 5e régiment interarmes d’outre-mer ; la base aérienne 188 ; la base navale ; le centre d’entraînement au combat et d’aguerrissement au désert de Djibouti. »

La France dispose également de quatre canons CAESAR, 52 véhicules blindés, 9 blindés AMX-10 RC et de trois hélicoptères Gazelle et quatre Caiman pour l’armée de Terre. L’armée de l’Air y déploie trois avions de défense aérienne Mirage 2000-5, deux avions de défense aérienne Mirage 2000D, un avion de transport tactique Casa et deux hélicoptères Caracal.

La présence de forces françaises à Djibouti est d’autant plus stratégique, car le pays donne sur le Bab el-Mandeb (BEM). Ce détroit, qui sépare la mer Rouge de l’océan Indien, constitue un point clé, par lequel transitent chaque année 15 % des marchandises échangées dans le monde.

Les missions internationales

La France est aussi impliquée dans la région en soutien à diverses opérations internationales, comme la mission de l’Union européenne Aspides (bouclier protecteur en grec) en mer Rouge, qui vise à sécuriser le transport maritime, pour laquelle 200 marins français sont mobilisés. Dans les prochains jours, deux navires militaires français viendront renforcer cette mission, qui compte déjà trois navires de guerre, dont un français.

En outre, environ 750 militaires français participent à la Force intérimaire des Nations Unies (Finul) au Liban, dans le cadre de l’opération Daman.