Guerre en Iran : Couloirs aériens pour influenceurs et touristes dans le Golfe ?
Depuis le début des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, la région est plongée dans le chaos, et le trafic aérien est à l’arrêt. Air France a suspendu ses vols vers Dubaï, Riyad, Tel Aviv et Beyrouth jusqu’à ce mardi inclus.
Depuis le début des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, qui ont commencé samedi, la région est en proie au chaos. Téhéran a riposté en attaquant des bases militaires dans le secteur, notamment au Qatar et aux Émirats arabes unis. En conséquence, le trafic aérien a connu une interruption totale, laissant des milliers de ressortissants européens sans option pour quitter cette zone de conflit.
« La situation était déjà complexe, mais aujourd’hui, de nombreux espaces aériens sont fermés, notamment le Golfe persique et le Liban », déclare Thierry Oriol, pilote de ligne pour Air France et membre du bureau exécutif du syndicat des pilotes de ligne. Sur le site FlightRadar, qui permet de suivre en temps réel le trafic aérien, de vastes zones apparaissent effectivement désertes. Des vols de la compagnie émiratie Etihad reliant Abou Dabi à Londres ou Amsterdam ont décollé vers 11h30 ce lundi, heure française, mais ce sont presque les seuls à avoir quitté les Émirats, quarante-huit heures après les premières attaques.
Air France a suspendu ses vols jusqu’à mardi. Certains trajets entre l’Europe et l’Asie sont également touchés. En raison de la fermeture de l’espace aérien russe à la suite de la guerre en Ukraine, les avions empruntent désormais des itinéraires passant par l’Asie du Sud et le Moyen-Orient. Ils doivent maintenant contourner la péninsule arabique le plus au sud possible avant de remonter, ou bien passer par l’Azerbaïdjan, précise Thierry Oriol. Un autre problème est que les avions doivent plus fréquemment traverser des zones où le GPS est indisponible, avec des informations limitées. « Et quand on vole dans un corridor entre l’Iran et la Russie, on n’a pas vraiment envie de dévier », ajoute-t-il.
Contactée par 20 Minutes, Air France a confirmé que tous les vols vers Dubaï, Riyad, Tel Aviv et Beyrouth sont suspendus jusqu’à mardi inclus. Dans l’autre sens, les avions des compagnies locales comme Fly Emirates, Etihad ou Qatar Airways sont immobilisés dans les aéroports européens. Cela représente une véritable problématique logistique, surtout que ces dernières années, le Moyen-Orient a investi massivement dans d’immenses hubs, à tel point que l’aéroport principal de Dubaï a été classé comme le deuxième plus important au monde en 2025, avec 95,2 millions de passagers.
Pour l’instant, Air France n’a pas reçu de consignes du ministère des Affaires étrangères concernant la préparation de vols de rapatriement. « Ce ne sont pas les compagnies qui agissent de leur propre initiative sur le rapatriement, mais le ministère peut demander des vols spéciaux », précise un membre du SNPL. Selon la compagnie, aucun impact n’est à prévoir sur les vols vers l’Asie du Sud-Est.
Actuellement, le ministère des Affaires étrangères indique qu’il « [travaille] à faciliter le départ des Français qui le souhaitent » et surveille l’évolution de la situation. « Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les départs par voie terrestre lorsque cela est possible, ce qui n’est pas réalisable dans tous les pays concernés », ajoute également le Quai d’Orsay. Dans un message publié sur son site, l’ambassade des Émirats arabes unis souligne que « la crise et l’alerte missiles se poursuivent, en particulier à Abou Dabi et à Dubaï ». Elle déconseille de se rendre sur place et recommande aux ressortissants de « suivre strictement les consignes des autorités locales, de limiter leurs déplacements au strict nécessaire, et de se mettre à l’abri en cas d’alerte ».

