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Guerre en Iran : Cessez-le-feu, les prix des carburants vont-ils baisser ?

Le prix moyen du gazole en France a atteint 2,1888 euros la semaine dernière, un prix record depuis 1985. Selon Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), les prix des carburants pourraient baisser de « 5 à 10 centimes » dans les jours à venir.


Le prix du carburant à la pompe pourrait-il diminuer aussi rapidement qu’il a augmenté ? La logique indiquerait que oui, mais la situation est plus complexe. Plus d’un mois après le début des frappes israélo-américaines en Iran, le président des États-Unis, Donald Trump, a accepté mardi un cessez-le-feu de deux semaines, en contrepartie de la réouverture du détroit d’Ormuz.

En quelques jours, le blocage de ce passage stratégique a entraîné une hausse vertigineuse du prix du baril de pétrole et une ruée des automobilistes dans les stations-service. En France, le prix moyen du gazole a atteint 2,1888 euros la semaine dernière, un niveau record depuis 1985.

Des baisses imminentes ?

Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), a déclaré que les prix des carburants pourraient diminuer de « 5 à 10 centimes » dans les jours à venir. « Les marchés pétroliers ont réagi très rapidement » à cette annonce, avec une chute du prix du pétrole brut « d’environ 15 dollars », qui pourrait se répercuter dans les stations-service d’ici « un ou deux jours », a-t-il expliqué à l’AFP.

Sur TF1, Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U, a également exprimé un avis similaire. « Il y aura des baisses de prix dans les stations dans les prochains jours » mais « il faut maintenant voir comment se stabilisera le marché », a-t-il mentionné.

Les implications du cessez-le-feu

Michel Fayad, expert en géopolitique et marchés des hydrocarbures, a tempéré ces attentes : « Le prix ne diminue jamais aussi rapidement qu’il monte ! » Au début du conflit, les prix avaient crû rapidement en raison de « l’effet spéculatif » des propriétaires de stations-service et de la « panique » des automobilistes. « Quand la demande augmente, l’offre en profite. » En revanche, la baisse des prix s’avère moins certaine et moins marquée. « C’est à ce moment précis que le pétrole acheté à un prix élevé est en train d’être raffiné et transporté vers les stations-service. Pour observer une véritable baisse des prix, il faut environ un mois entre l’achat du pétrole et le moment où il est disponible à la pompe », a précisé l’expert.

Un autre élément à considérer est que toute diminution des prix à la pompe ne sera durable que si le cessez-le-feu est respecté. « Il y aura sans aucun doute un léger impact à la pompe dans les jours à venir, mais pour un effet plus conséquent, il faudrait que le cessez-le-feu soit maintenu et que le prix du baril diminue sur le long terme. » Michel Fayad a rappelé que l’accord de cessez-le-feu n’implique que les États-Unis, Israël et l’Iran, et que « les Houtis du Yémen, par exemple, ont la capacité d’augmenter le prix du baril en frappant certaines infrastructures et l’ensemble de la production pétrolière saoudienne. »

Le prix du carburant dans les semaines à venir dépendra de la durée de cet accord entre les États-Unis et l’Iran. Le risque est celui d’un effet yo-yo pour les consommateurs, avec une baisse de quelques centimes dans les jours à venir, suivie d’une nouvelle flambée des prix en cas de reprise des hostilités.