Guerre au Moyen-Orient : 182 morts au Liban, trêve avec l’Iran menacée
Des bombardements israéliens sur le Liban mercredi ont fait 182 morts et 890 blessés, selon le ministère de la Santé. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a affirmé que « des violations du cessez-le-feu ont été signalées en quelques endroits dans la zone de conflit, ce qui sape l’esprit du processus de paix ».
Le cessez-le-feu en vigueur depuis deux semaines entre l’Iran et les États-Unis est précaire et pourrait être compromis par la situation au Liban. La communauté internationale s’inquiète en raison des frappes meurtrières d’Israël et des répliques du Hezbollah qui pourraient stopper le processus.
Des bombardements israéliens sur le Liban mercredi, notamment dans des zones résidentielles de Beyrouth, ont causé 182 morts et 890 blessés, selon le ministère de la Santé. L’armée israélienne a déclaré avoir mené sa « plus grande frappe coordonnée » contre le Hezbollah depuis le début de la guerre le 28 février, affirmant avoir ciblé « des centaines » de membres du mouvement pro-iranien, y compris un commandant. Ces frappes, effectuées sans avertissement, ont frappé plusieurs quartiers centraux de la capitale, provoquant la panique parmi la population.
Emmanuel Macron a réaffirmé l’importance d’une trêve incluant le Liban. Le vice-président des États-Unis, JD Vance, qui doit conduire une délégation américaine lors de discussions avec l’Iran au Pakistan, a déclaré mercredi qu’il incombait aux dirigeants iraniens de décider si le cessez-le-feu échouait à cause de la situation libanaise. « Si l’Iran veut que cette négociation échoue à cause d’un conflit dans lequel ils subissent des pertes au Liban, qui n’a rien à voir avec eux, et dont les États-Unis n’ont jamais affirmé qu’il faisait partie du cessez-le-feu, c’est leur choix. »
Un cessez-le-feu au Liban est l’une des « conditions essentielles » de l’Iran, selon le président iranien Massoud Pezeshkian, dans son plan en dix points qui sert de base à la trêve avec les États-Unis. Emmanuel Macron a également insisté auprès de Donald Trump et Massoud Pezeshkian sur la nécessité d’étendre le cessez-le-feu au Liban, le qualifiant de « condition nécessaire » pour qu’il soit « crédible et durable ».
Les frappes israéliennes ont suscité de nombreuses condamnations, allant des Nations Unies à l’Irak en passant par la Jordanie. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a qualifié l’ampleur des tueries d' »épouvantable » et a appelé la communauté internationale à intervenir pour mettre fin à ce « cauchemar ». De son côté, le Hezbollah a affirmé être en « droit de riposter », et a déclaré avoir déjà agi ce jeudi en tirant des roquettes sur Israël. Les Gardiens de la révolution iraniens ont également menacé de répliquer après le « massacre brutal » à Beyrouth.
Malgré l’arrêt des bombardements israélo-américains sur l’Iran, des incertitudes demeurent sur les termes de l’accord. « Des violations du cessez-le-feu ont été signalées à plusieurs endroits dans la zone de conflit, ce qui sape l’esprit du processus de paix », a affirmé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur de la trêve. La désescalade au Moyen-Orient n’est donc pas encore totalement acquise.

