Groenland : Macron demande une réponse européenne aux USA sur les douanes.
Emmanuel Macron va demander « l’activation de l’instrument anti-coercition » de l’Union européenne si les menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump sont mises à exécution. Les pays européens visés par la menace de hausse des droits de douane ont déclaré ce dimanche après-midi qu’ils « resteront unis » dans leur réponse.
La France souhaite réagir. Emmanuel Macron, qui sera « toute la journée en contact avec ses homologues européens », va demander « l’activation de l’instrument anti-coercition » de l’Union européenne (UE) si les menaces de surtaxes douanières formulées par Donald Trump sont mises en œuvre, a indiqué son entourage ce dimanche.
Souvent comparé à un « bazooka » et conçu comme un outil de dissuasion, cet instrument a pour but de répondre à tout pays qui utiliserait des armes commerciales pour faire pression sur l’un des 27 États membres. Jamais utilisé jusqu’à présent, il permet notamment de geler l’accès aux marchés publics européens ou de bloquer certains investissements. Sa mise en œuvre nécessite la majorité qualifiée des pays de l’UE.
De plus, les menaces commerciales américaines « posent la question de la validité de l’accord » sur les tarifs douaniers conclu entre l’Union européenne et les États-Unis en juillet dernier, a souligné un proche du président français.
L’entourage du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a précisé que ce dernier était « pleinement mobilisé pour coordonner une réponse européenne face aux nouvelles menaces tarifaires inacceptables » de Donald Trump. Il s’est entretenu dès samedi avec ses homologues britannique et allemand, ainsi qu’avec la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, « et sera en contact d’ici ce soir [dimanche] avec l’ensemble des ministres des pays concernés par les tarifs ».
Samedi, le président américain a menacé plusieurs pays européens ayant envoyé des militaires au Groenland de nouveaux droits de douane si le territoire n’est pas « intégralement vendu » aux États-Unis. Cette surtaxe, de 10 %, entrera en vigueur à partir du 1er février et pourrait atteindre 25 % au 1er juin.
Pour faire face à ces menaces, une réunion d’urgence des ambassadeurs de l’UE est prévue ce dimanche après-midi à Bruxelles. Les pays européens ciblés par la menace de hausse des droits de douane ont, pour leur part, déclaré ce dimanche après-midi dans un communiqué commun qu’ils « resteront unis » dans leur réponse.
« Les menaces de surtaxes douanières sapent les relations transatlantiques et risquent de conduire nos pays dans un dangereux engrenage. Nous continuerons à rester unis et coordonnés dans notre réponse. Nous sommes déterminés à défendre notre souveraineté », ont déclaré le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni.

