Grippe : Forte augmentation des cas, l’épidémie s’annonce précoce

La France métropolitaine est de plus en plus menacée par la grippe saisonnière, ont signalé mercredi les autorités sanitaires. La semaine dernière a été marquée par une « augmentation de l’ensemble des indicateurs de la grippe », a résumé dans un bilan hebdomadaire l’agence Santé publique France. Cette tendance a concerné toutes les classes d’âge, tout en étant plus marquée chez les moins de 15 ans.

En métropole, cinq régions sont désormais en phase « pré-épidémique » : le Centre-Val-de-Loire, les Hauts-de-France, l’Île-de-France et la Normandie rejoignent la Bretagne, déjà dans cette situation depuis deux semaines. Outre-mer, l’épidémie est déjà déclarée à Martinique, Mayotte et la Réunion. Si les virus grippaux circulent fréquemment en octobre-novembre à La Réunion, c’est « atypique » à cette période aux Antilles et à Mayotte, relève Santé publique France.

Les consultations ont bondi de deux tiers

Dans l’absolu, le nombre de cas est encore faible en métropole et n’est pas de nature à mettre immédiatement le système de soins en difficulté. Mais leur augmentation est forte : les consultations pour syndrome grippal ont ainsi bondi de deux tiers par rapport à la semaine précédente, et le nombre de passages aux urgences pour grippe ou symptômes grippaux de 39 %.

Cela donne probablement le signal de départ de l’épidémie, à un moment plus précoce que ce qui a généralement été observé les années précédentes. L’épidémie de grippe saisonnière interviendrait notamment bien plus tôt qu’en 2021/2022, où elle s’était avérée particulièrement tardive.

Or, le système de soin est déjà confronté à une épidémie de bronchiolite chez les bébés, d’une ampleur sans précédent depuis de nombreuses années, et à la pression persistante du Covid-19, pour lequel les hospitalisations ont rebondi ces derniers jours. Pour rappel, la campagne de vaccination contre la grippe, qui concerne notamment les plus de 65 ans, est lancée depuis un gros mois. Mais elle ne décolle pas. Les principaux syndicats de pharmaciens ont alerté cette semaine sur un retard élevé par rapport à l’an dernier.