Grippe aviaire dans les Landes : « Il y a urgence, on a besoin de plus de moyens », lance la présidente de la Chambre d’Agriculture

Un troisième élevage de canards a été touché dans les Lands — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

  • La situation est de plus en plus préoccupante dans les Landes. Le nombre de foyers contaminés par la grippe aviaire a été multiplié par trois en une semaine.
  • Marie-Hélène Cazaubon, éleveuse et présidente de la Chambre d’Agriculture du département, demande des moyens supplémentaires pour accélérer le nettoyage des élevages.
  • Elle travaille également à la revalorisation des indemnités pour les éleveurs touchés par l’épidémie.

L’épidémie de grippe aviaire a pris une nouvelle dimension ces derniers jours en France. En l’espace d’une semaine, le nombre de foyers contaminés a été multiplié par trois selon le bilan du ministère de l’Agriculture diffusé ce dimanche.  Dans un communiqué, les autorités précisent que 48 des 61 foyers confirmés se situent dans le département des Landes, territoire traditionnellement producteur de foie gras.

Le périmètre dans lequel les préfets peuvent ordonner un abattage préventif autour des foyers confirmés a été étendu. Il concerne désormais plus de 110 communes landaises (et 15 communes des Pyrénées-Atlantiques). La situation est de plus en plus préoccupante sur place comme l’explique Marie-Hélène Cazaubon, présidente de la Chambre d’Agriculture et elle-même éleveuse de canards gras à Montsoué.

Marie-Hélène Cazaubon, présidente de la Chambre d'Agriculture des Landes.

Quelle est la situation dans le département en ce début d’année ?

Elle est très inquiétante ! Il y a des nouveaux foyers un peu partout. Là, on est en plein dans la crise. Il y a urgence ! Il faut qu’on arrive à casser la circulation de virus beaucoup plus vite sinon…

 

Comment expliquer l’explosion du nombre de cas ?

Au début, on a eu affaire à quatre foyers primaires avec un virus qui vient de la faune sauvage. Ces foyers étaient plus isolés. Là, le virus est arrivé dans une zone d’élevages beaucoup plus dense (la Chalosse) avec une multitude de petites exploitations. Il est dans le cœur et se répand très vite.

Que faire pour stopper sa circulation ?

L’urgence absolue, c’est de nettoyer les exploitations avec notamment l’abattage préventif. Mais le problème est justement là, on ne va pas assez vite ! Il faut qu’on se bouge. Il faut qu’on coupe plus vite la propagation du virus. Il y a urgence. Pour ça, on a besoin de plus de moyens humains ! On manque de bras. Il nous faut des moyens supplémentaires de la part de l’Etat. La deuxième urgence, ce sont les indemnisations pour les éleveurs. On travaille à leur revalorisation. Là aussi, on doit aller plus vite.

N’est-ce pas le revers de la médaille des dérogations qui permettent aux éleveurs de laisser leurs animaux dehors ?

La demande existe car tout le monde n’a pas la capacité de mettre ses animaux à l’abri. Elle est très utilisée, je l’utilise moi-même mais j’aurais aimé ne pas le faire quand je vois la situation aujourd’hui. Je vous avoue que pour ma part, je ne l’utiliserais plus l’année prochaine. Ça sera une inquiétude de moins au moment du passage des oiseaux migrateurs qui ramènent le virus l’hiver chez nous. D’ailleurs, je pense que cette nouvelle épidémie va remettre en cause une partie de notre fonctionnement.

Pour la plupart des éleveurs, la solution c’est le vaccin ?

Aujourd’hui, je n’ai pas de position sur cette question. Mais de toute manière à l’instant T, on n’en a pas d’efficace. Et puis le vaccin, ça peut aussi masquer une situation sanitaire parfois mauvaise. Je pense qu’à moyen terme, il faut surtout réfléchir à un plan bâtiment pour pouvoir mettre nos animaux à l’abri l’hiver.

Société

Grippe aviaire : Quarante nouveaux foyers confirmés, principalement dans les Landes

Économie

Grippe aviaire : La filière canard des Landes s’organise contre l’épidémie

12 partages