Grève du 6 décembre : Vu de l’étranger, le mouvement vise d’abord Macron

Lors de la manifestation parisienne du 5 décembre contre la réforme des retraites. — Thibault Camus/AP/SIPA

Que pense la presse étrangère de la mobilisation en France contre la réforme des retraites ? 20 Minutes a fait une petite revue chez nos voisins et outre-Atlantique.

Aux Etats-Unis, le New York Times (plutôt favorable aux démocrates), on note que ce jeudi, Emmanuel Macron était confronté « à ce qui est devenu un symbole de sa présidence : des troubles sociaux » pour défendre un système de retraites « complexe et généreux ». Le journaliste parisien du journal de la côte est américaine estime que derrière la réforme, c’est bien le président de la République lui-même qui est attaqué.

En Allemagne, Die Welt est encore plus clair, et met même le sujet en une, parlant de révolte contre Macron.

Pédagogie

En Espagne, le principal journal du pays, El Pais (centre gauche) veut faire de la pédagogie. En expliquant, par exemple, ce que sont les régimes spéciaux de retraites. Et aussi pour quoi la contestation est aussi importante. Le journal explique le « régime retraite est une clef du système de protection social du pays, qui est une partie de l’identité nationale de la France ».

Au Royaume-Uni, à une semaine d’élections législatives cruciales, on ne se passionne pas forcément pour le conflit français. The Guardian, journal de centre gauche, avait quand même dépêché la cheffe de son bureau parisien. Dans son article, elle juge que la mobilisation est un succès : « une des plus importantes grèves dans le secteur public depuis des décennies ». Le journal est globalement favorable aux grévistes : « Les travailleurs français chérissent leur état social, voilà pourquoi ils se défendent et font grève », dit-on dans une chronique.

Habitude

En Italie, on parle moins du mouvement social français. Le principal journal du pays, le Corriere della Sera, plutôt classé à droite, insiste sur le fait que la contestation vise « un point clef du programme d’Emmanuel Macron ». Pourtant encore flou, le projet est, pour le journal, dépassé par « la logique du choc frontal qui domine la politique française ». Dans La Repubblica, homologue de gauche, c’est la perturbation de la manifestation parisienne par les black blocs qui retient l’attention.

En Belgique wallonne, dans Le Soir, et en Suisse romande, sur le site de la radiotélévision publique, on est plus factuels. Peut-être comme si les Suisses étaient plus habitués aux mouvements de protestations de leurs remuants voisins et voisines françaises.

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