Grève des médecins libéraux : Cabinets fermés, opérations reportées, état des lieux
La grève est prévue pour dix jours et devrait « être excessivement suivie », selon un syndicat. Plus de 14.500 grévistes sont déjà enregistrés sur la plateforme lancée par Jeunes médecins Ile-de-France.
La grève est annoncée pour une durée de dix jours et devrait « être excessivement suivie », selon un syndicat. La mobilisation des médecins entraînera la fermeture des cabinets et l’annulation d’opérations, prévoient ces professionnels. Une manifestation est également programmée à Paris, le 10 janvier.
« Le mouvement sera excessivement suivi », a déclaré le syndicat CSMF. Cette grève a été initiée par les organisations professionnelles représentant les syndicats étudiants et la jeune génération de médecins. Du côté des praticiens libéraux, Jeunes médecins Ile-de-France a mis en place une plateforme permettant aux grévistes de se faire connaître. Plus de 14.500 membres se sont déjà enregistrés.
Des mesures qui dépassent les médecins
Les grévistes dénoncent un budget de la Sécurité sociale insuffisant face à des besoins croissants, un contrôle renforcé des prescriptions d’arrêts de travail, ainsi que des mesures permettant aux autorités de réduire « de façon autoritaire » les tarifs de certains actes, en « contournant » le dialogue social. Ils s’inquiètent également de la restriction de leur liberté d’installation, sujet de textes actuellement examinés au Parlement.
Les patients déjà hospitalisés continueront d’être pris en charge, mais les personnes arrivant aux urgences ou à la maternité seront, sauf en cas d’urgences vitales, « transférées vers l’hôpital public », selon les syndicats.
Cette grève pourrait donc exacerber la pression sur l’hôpital public, déjà en difficulté face à un pic d’épidémies hivernales.
Des réquisitions envisageables
Dans un entretien accordé à la République du Centre publié dimanche, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé avoir « pris des mesures pour organiser la permanence des soins » en collaboration avec les Agences régionales de santé (ARS), les établissements et les professionnels, afin que les patients « ne soient pas en danger pendant cette mobilisation ». Elle a ajouté qu’elle pourrait « avoir recours aux réquisitions, en cas de besoin ».
Pour le syndicat des gynécologues-obstétriciens (Syngof), ce mouvement est « la conséquence de politiques qui agressent les médecins », notamment concernant le secteur 2 (praticiens conventionnés avec dépassements d’honoraires), alors que les tarifs remboursés par l’Assurance maladie n’ont, pour certains, « pas évolué depuis les années 1990 ».
La ministre a pour sa part rappelé qu’il y avait « une augmentation exponentielle de ces dépassements d’honoraires ces dernières années ». « Même si les abus ne concernent qu’une minorité de médecins, nous ne pouvons pas laisser la situation en l’état car nous avons des concitoyens qui renoncent aux soins pour des raisons financières », a-t-elle expliqué.

