Grève de l’école pour le climat : Les jeunes du Pacifique et d’Australie donnent le coup d’envoi

Des écoliers du Pacifique et d’Australie ont donné ce vendredi le coup d’envoi d’une journée de manifestations mondiales pour appeler à l’action contre le réchauffement climatique. — PETER PARKS / AFP

Dans le sillage de l’initiative lancée par la jeune militante Suédoise, Greta Thunberg, des écoliers du Pacifique et d’Australie ont donné, ce vendredi, le coup d’envoi d’une journée de manifestations mondiales contre le réchauffement climatique.

Des milliers d’élèves vont boycotter les salles de classe pour participer à cette très symbolique « grève de l’école pour le climat » qui devrait constituer l’un des appels à la mobilisation les plus massifs jamais organisés. Plus de 5.000 événements sont prévus un peu partout dans le monde avec, en point d’orgue, une manifestation monstre à New York où sont attendus 1,1 million d’élèves de 1.800 écoles publiques qui ont été autorisés pour l’occasion à sécher les cours.

Des entreprises encouragent leurs employés à rejoindre le mouvement des écoliers

Alors que le soleil se levait sur le Pacifique, des élèves ont lancé la journée au Vanuatu, aux Salomon ou encore aux Kiribati, où des enfants scandaient : « Nous ne coulons pas, nous nous battons ». Les atolls du vaste océan sont en première ligne face au réchauffement climatique en raison de l’élévation du niveau des eaux.

La campagne « Fridays for Future » initiée par Greta Thunberg entend mobiliser les enfants du monde entier pour qu’ils persuadent les adultes de s’attaquer plus sérieusement au réchauffement climatique. Dans un message vidéo, cette Suédoise de 16 ans a appelé jeudi les enfants à s’approprier le combat : « Tout compte. Ce que vous faites compte. » Des dizaines de milliers d’Australiens ont pris le relais à Sydney, Melbourne et dans des dizaines d’autres villes de l’immense île-continent. Certaines entreprises, administrations et écoles ont même encouragé leurs employés et les élèves à participer à cette journée.

Le gouvernement australien épinglé pour son inaction

« Nous sommes ici pour envoyer un message aux personnes au pouvoir, pour leur montrer que nous sommes sensibilisés et que cette question est importante pour nous », a déclaré à Sydney Will Connor, 16 ans. « C’est notre avenir qui est en jeu. » L’Australie ressent elle aussi les effets des dérèglements climatiques, avec des sécheresses de plus en plus graves, des feux de forêt de plus en plus intenses, des pluies diluviennes qui entraînent des inondations dévastatrices ou encore la dégradation peut-être irrémédiable de son emblématique Grande Barrière de corail.

Et la majorité conservatrice, qui compte dans ses rangs des climatosceptiques, ne cesse d’être épinglée pour son inaction en matière climatique. Si le gouvernement australien lui-même ne nie pas la réalité de la menace, il a toujours ramené le débat à un choix entre la baisse des émissions de gaz à effet de serre et la sauvegarde des emplois, alors que son économie demeure très dépendante de ses ressources minières, en particulier des exportations de charbon.

Un sommet spécial sur le climat prévu lundi prochain à l’ONU

Pourtant, de plus en plus d’entreprises australiennes ne se reconnaissent plus dans cette passivité. « On se voit dans la rue », a ainsi lancé le fonds de pension australien Future Super, qui a rallié 2.000 entreprises à une initiative favorable à cette journée de grève et nommée : « Not business as usual ». La journée de vendredi va donner à New York le coup d’envoi de deux semaines d’actions, avec notamment samedi le premier sommet de la jeunesse sur le climat organisé par l’ONU. Outre Greta Thunberg, 500 jeunes sud-américains, européens, asiatiques et africains sont attendus.

Vendredi 27 septembre, pendant l’Assemblée générale de l’ONU, aura lieu une autre grève mondiale coordonnée. Un sommet spécial climat est prévu lundi prochain à l’ONU, avec une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement, dont Emmanuel Macron et Angela Merkel. Nombre de dirigeants souscrivent à l’idée d’une urgence climatique, mais ils seront attendus sur les détails concrets de leurs plans climatiques. Pour avoir une chance de stopper le réchauffement du globe à +1,5°C (par rapport au XIXe siècle), il faudrait que le monde soit neutre en carbone en 2050, selon le dernier consensus de scientifiques mandatés par l’ONU.

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