Grève à la RATP : Enquête ouverte après l’intimidation d’une conductrice non-gréviste

Des voyageurs sur les quais du métro à Châtelet à Paris. — Martin BUREAU / AFP

Une enquête a été ouverte après la diffusion sur Twitter d’une vidéo prise lundi dans le métro parisien, qui montre des grévistes huant une conductrice qui s’apprête à prendre son service, a indiqué la RATP ce mardi.

Sur cette vidéo, réalisée sur un quai de métro à la station Place d’Italie, on voit la conductrice sérieusement malmenée et sifflée par un groupe de grévistes majoritairement masculins. Protégée par des agents portant des brassards fluo RATP Exploitation, elle parvient à gagner la cabine de conduite sous les huées.

Pécresse appelle à des « sanctions exemplaires »

« Hier (lundi) matin, une conductrice a été victime d’intimidations de la part d’une vingtaine de grévistes lors de sa prise de service. Ces agissements sont inacceptables », a indiqué un porte-parole à l’AFP. « La RATP condamne fermement ces actes et apporte son soutien total à sa conductrice face à ces comportements irresponsables », a-t-il ajouté, notant qu’« une enquête interne a été ouverte ».

« La RATP appelle à l’apaisement et rappelle que si le droit de grève est un droit, empêcher le travail des agents est répréhensible », a souligné le porte-parole. La diffusion de cette vidéo a suscité de nombreuses réactions, dont celle de Valérie Pécresse qui s’est dite « scandalisée par la violence des grévistes a l’égard d’une conductrice@RATPGroup qui assure simplement la continuité du service public au bénéfice des voyageurs ». « Aucune cause ne justifie de telles insultes et un tel harcèlement. Des sanctions exemplaires doivent être prises », a tweeté la présidente de la région et d’Ile-de-France Mobilités, l’autorité régionale des transports.

Le droit de travailler et le droit de grève

« C’est une honte, c’est tellement facile de s’en prendre à cette dame », s’est exclamé Thierry Babec, secrétaire général de l’Unsa-RATP, le premier syndicat de la régie. « La liberté de travailler est un droit absolu. Dès qu’il y a contrainte, la grève devient illégitime », a-t-il estimé.

« Le respect et la non-violence étant des valeurs essentielles pour notre organisation syndicale, nous sommes totalement opposés à ce type d’action que nous condamnons fermement », a renchéri Frédéric Ruiz, président de la CFE-CGC-RATP, le troisième syndicat représentatif. « Ceci étant dit, le gouvernement porte l’entière responsabilité des débordements par sa gestion de la situation par le pourrissement, sa surdité et son refus de vraies négociations » pour sortir de la grève contre la réforme des retraites qui dure depuis le 5 décembre, a-t-il ajouté.

Sollicitée par l’AFP, la CGT n’a pas réagi dans l’immédiat. Elle avait été mise en cause après la diffusion sur Twitter d’une autre vidéo montrant des militants portant ses couleurs qui accablaient d’insultes homophobes un chauffeur non-gréviste dans un dépôt d’autobus le 10 décembre – des débordements dont elle s’était alors distancée.

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