Grenoble : Les parents de la petite Hafsa, morte à 15 mois, condamnés à 5 et 18 ans de prison

Le symbole de la justice (illustration) — Pixabay

Un verdict plus clément que les réquisitions. La cour d’assises de l’Isère a condamné ce jeudi les parents de la petite Hafsa, morte en mars 2017, à des peines de cinq et 18 ans de prison. La sanction la plus lourde a été prononcée à l’encontre de Sami Bernoui, le père contre lequel l’avocate générale avait demandé 20 ans ferme.

Noémie Villard, la maman, qui risquait jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle, a écopé d’une peine de cinq ans pour privation de soins et violences volontaires. Les jurés n’ont en revanche pas retenu les faits de « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Ayant effectué déjà 19 mois de détention provisoire, la jeune femme de 22 ans ressort ce jeudi soir libre puisque la cour n’a pas prononcé de mandat de dépôt à son encontre. Elle reste sous bracelet électronique.

« Je n’ai jamais su aimer ma fille comme je devais l’aimer »

Hafsa est décédée le 1er mars 2017 à l’âge de 15 mois, des suites du syndrome du bébé secoué et d’une péritonite. Ses parents, enfermés dans un islam radical, n’avaient pas jugé utile de la conduire à l’hôpital.

La fillette leur avait déjà été retirée quelques mois après sa naissance, à la suite de suspicions de mauvais traitements. Des médecins du CHU de Grenoble, qui l’avaient examiné à l’âge de deux mois, avaient découvert huit fractures costales et signalé les faits à la justice. Mais le parquet avait préféré classer le dossier sans suite et l’enfant a été rendu à ses parents vers ses 10 mois.

A noter que la cour a également prononcé le retrait total de l’autorité parentale du père sur son deuxième enfant, un petit garçon placé en famille d’accueil. Au dernier jour du procès, Sami Bernoui, 26 ans, a reconnu les violences, considérant que ce drame était « entièrement de (sa) faute ». « Je n’ai jamais su aimer ma fille comme je devais l’aimer et je n’ai pas su lui donner l’amour dont elle avait besoin », a-t-il déclaré avant que les jurés ne se retirent pour délibérer. Noémie Villard a aussi l’interdiction d’entrer en relation avec son « mari » mais elle pourra continuer de voir son fils.

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