Grenelle des violences conjugales : A Lunel, les victimes peuvent porter plainte sans sortir des urgences

Au sein des urgences de la clinique de Lunel — N. Bonzom / Maxele Presse

  • A la clinique Via Domitia, à Lunel, dans l’Hérault, les victimes de violences conjugales peuvent déposer plainte depuis ce lundi sans quitter le service des urgences.
  • « Cela évite à la victime ce qui est parfois un véritable parcours du combattant », explique le général Jean-Valéry Letterman, patron des gendarmes dans la région.
  • Un accès isolé et des pièces à l’abri des regards ont été mis en place.

A la clinique Via Domitia, à Lunel, dans l’Hérault, les victimes de violences conjugales peuvent déposer plainte depuis ce lundi sans quitter le service des urgences. Un dispositif, dont le déploiement a été annoncé dans le cadre du Grenelle, qui est encore trop rare en France. Et pourtant, ça change tout. « C’est une très, très grande avancée », assure l’infirmière référente en matière de violences dans le couple, à Lunel, qui a dénombré depuis le début de l’année « 200 cas avérés » de victimes.

« Quand elle sortira de la clinique, je suis sûre, désormais, que la personne aura déposé plainte, et que son cas sera connu de la justice », reprend l’infirmière.

« Eviter à la victime le parcours du combattant »

Dans cette clinique située entre Montpellier et Nîmes, lorsque se présentera désormais aux urgences une personne, « une femme dans plus de 90 % des cas », qui a été victime de violences conjugales, le personnel soignant lui proposera de déposer plainte, auprès d’un gendarme, bien souvent une femme, dépêché dans le service.

« Cela évite à la victime ce qui est parfois un véritable parcours du combattant, aller d’abord dans un établissement hospitaliser pour se faire soigner, obtenir un certificat, avant aller porter plainte à la gendarmerie », explique le général Jean-Valéry Letterman, patron des gendarmes du Languedoc-Roussillon. Un protocole particulièrement adapté lorsque les blessures, la souffrance psychologique ou l’insécurité dans laquelle elle se sent empêchent la victime de violences conjugales de se rendre à la gendarmerie.

Un accès isolé, pour les forces de l’ordre, qui se déplaceront en tenue civile dans la mesure du possible, a été mis en place au sein de la clinique, pour privilégier la discrétion. Pour éviter d’être vus, notamment, des suspects, qui sont parfois présents dans le hall d’accueil. La victime sera également écoutée au sein d’un bureau ou d’une chambre, à l’abri des regards. Mais encore faut-il que la victime accepte de déposer plainte. « Il faut que les violences soient clairement dites, reprend l’infirmière. Une fois que la personne a été identifiée comme étant victime de violences, il faut essayer de l’inciter à déposer plainte. Mais ce qui est important, c’est de respecter son choix. »

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