Grâce à La Chaîne de l’Espoir, Ghislaine, 4 ans, va voir

Elle est toute mignonne, avec son pull rose, ses chaussons assortis en forme de chat, et son élastique Hello Kitty. En la regardant si sage et souriante, on n’imagine pas qu’il y a au-dessus de la tête de cette enfant de 4 ans, qui habite la République du Congo, une saleté d’épée de Damoclès. Ou plutôt au-dessus de ses yeux. Car Ghislaine est atteinte d’une cataracte bilatérale, qui risquerait de la rendre quasi aveugle si elle n’avait bénéficié du soutien de l’ONG La Chaîne de l’espoir, qui a organisé sa venue en France pour se faire opérer.

« Tu es rentrée pour soigner tes yeux ma petite mémère », lui glisse Françoise Verdin, sa maman d’accueil, en lui faisant un bisou, alors que la petite fille monte naturellement sur ses genoux. Françoise et Jacques Verdin, qui ont un pavillon à Marly-le-Roi (Yvelines), à une vingtaine de kilomètres de Paris, ont accueilli Ghislaine à l’aéroport samedi 12 novembre. Elle est arrivée en même temps qu’une autre fillette de 7 ans, dont l’opération à Brazzaville n’avait également rien donné.

« De l’humanitaire sans sortir de chez soi »

La Chaîne de l’Espoir, qui existe depuis 1994, accueille d’habitude plutôt des enfants avec des cardiopathies lourdes, et opère surtout directement sur place, à l’étranger. « On s’oriente vers une coopération dans les pays dans lesquels on intervient, l’objectif c’est l’autonomie de ces pays », explique Christine Couton, la responsable presse de l’association. En 2021, 90.000 enfants ont bénéficié de ses programmes dont 6.850 opérés. Cette année environ 70 enfants sont transférés en France, pour une durée de quelques semaines à plusieurs mois, selon la lourdeur de l’intervention médicale.

Ding, dong, une grosse horloge en métal et bois, du type comtoise, sonne 11 heures. La petite fille regarde, impressionnée par ce son qu’elle ne semble pas connaître. Jacques et Françoise Verdin s’arrêtent une seconde de parler, la contemplent avec tendresse, accompagnent son étonnement. Voilà déjà plus de 20 ans qu’ils accueillent des enfants de « la Chaîne », disent-ils. Ghislaine est la 27e, mais pour autant elle n’en restait pas moins « très attendue », explique Françoise Verdin, infirmière de formation. « Dès que la Chaîne nous dit quand elle arrive, on marque sur le tableau « Ghislaine arrive ». Ça nous manquerait vraiment de ne plus recevoir d’enfants. On a cherché à faire de l’humanitaire sans sortir de chez nous », complète Jacques Verdin, retraité qui travaillait dans la télévision.

Trois semaines de convalescence

Le couple marié depuis 51 ans s’emploie à ce que la petite fille ait tout ce qu’il faut dans les semaines qu’elle passe en France, avant et après l’opération. « Ils arrivent avec peu de vêtements et souvent pas adaptés, car à Brazzaville, il fait chaud. Elle est venue avec des tongs, alors on a acheté des petites chaussures, des collants… », explique Françoise Verdin. « Vous l’entendez ? Elle chantonne. Donc elle est bien. On a remarqué qu’il nous fallait en général 48 heures pour convaincre », complète son mari.

Ce vendredi, c’est le grand jour, la petite fille se fait opérer de l’œil droit à l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, près des Buttes-Chaumont, à Paris dans le 19e arrondissement. Avant la deuxième opération une semaine après. Suivront trois semaines de convalescence afin de surveiller et prévenir tout risque d’infection avant de pouvoir retrouver leurs parents à Brazzaville. Pour les derniers jours, Françoise Verdin a prévu de dessiner un calendrier avec un avion dans la dernière case. « Et je l’emmènerai à la tour Eiffel. On achètera des petites bricoles à ramener à sa famille. » Avec l’espoir que la petite fille pourra longtemps contempler les petites tours Eiffel.

La Chaîne de l’Espoir lance un nouvel appel au don, à travers la campagne « Objectif zéro jour », à retrouver sur leur site Internet.