France

Gouvernement Bayrou : Le Premier ministre défend une vision « bénéfique mais encadrée » de l’immigration

Ce lundi, sur la chaîne LCI, François Bayrou a multiplié les appels à la responsabilité des élus afin d’éviter une censure qui mettrait en péril le budget 2025. « J’ai confiance dans le sentiment de responsabilité de tous », a affirmé le Premier ministre, tout en confirmant plusieurs concessions faites aux socialistes et à la droite pour rechercher un compromis. Il est aussi revenu sur différents sujets comme l’immigration, le travail et la fin de vie. On vous dit tout sur ce qu’il faut retenir de son intervention qui aura duré près de 2 heures.

Débat sur l’immigration : un équilibre délicat

Interrogé sur la question de l’immigration, François Bayrou a reconnu que « dans un certain nombre de villes ou de régions, il y a le sentiment d’une submersion ». Il s’est dit favorable à une restriction du droit du sol à Mayotte, mais a exclu une extension de cette mesure à la métropole. « Je pense que les apports étrangers sont positifs pour un peuple, à condition qu’ils ne dépassent pas une proportion », a également déclaré le Premier ministre sur LCI.

Pour autant François Bayrou a fermé la porte à un référendum sur l’immigration. « L’immigration ne peut pas constitutionnellement, même pas par préférence, […] être un sujet de référendum », a-t-il rappelé. Par ailleurs, tout en soutenant les positions divergentes de ses ministres – Bruno Retailleau, favorable à un durcissement des régularisations, et Eric Lombard, qui plaide pour une immigration de travail – le Premier ministre a tranché : « Ils ont tous les deux raison. »

Les concessions faites aux socialistes

Le Premier ministre a confirmé l’abandon de la suppression de 4.000 postes d’enseignants, une décision « définitive », réclamée par les membres du parti socialiste. « Nous avons écouté leurs demandes pour avancer ensemble », a-t-il expliqué. Il a également écarté une mesure très controversée, celle des 7 heures de travail non rémunéré par an pour financer la Sécurité sociale, en soulignant que « le travail doit être payé ». « Le travail ne doit pas être gratuit », a-t-il insisté.

Quant au chantier des retraites, le Premier ministre n’est trop entré dans les détails puisque ce sujet fera l’objet d’une prochaine négociation entre les partenaires sociaux. « Travailler plus est une nécessité », a simplement dit François Bayrou. Ces gestes du Premier ministre visent à convaincre les socialistes de ne pas soutenir une motion de censure. Toutefois, François Bayrou a rappelé que « les socialistes ne sont pas les seuls à avoir des demandes », en référence aux autres partis.

Garantie fiscale et budget sous tension

Pour rassurer la droite et le camp présidentiel, le Premier ministre a insisté sur le fait qu’aucun nouvel impôt ne toucherait les ménages en 2025. Cependant, une contribution exceptionnelle sur les très hauts revenus et les grandes entreprises sera maintenue. « C’est une mesure nécessaire pour garantir l’équilibre du budget tout en épargnant les ménages », a-t-il déclaré.

Enfin toujours sur le sujet de la Sécurité sociale, dont l’examen du texte reprend cette semaine, François Bayrou a prévenu : « Si on n’a pas de budget, alors aucune des décisions nouvelles qui ont été annoncées ne peut être remplie. »

La question de la fin de vie

François Bayrou a confirmé vouloir scinder le projet de loi sur la fin de vie, pour distinguer les « deux sujets » des soins palliatifs et de l’aide à mourir, afin de « pouvoir voter sur chacun de ces deux textes différemment ». « Les soins palliatifs, pour moi ce n’est pas un droit, c’est un devoir », a déclaré sur LCI le Premier ministre, qualifiant l’aide à mourir de « débat de conscience ».

Nos informations sur François Bayrou

En référence à son père décédé dans un accident, le Premier ministre a évoqué son rapport à la mort imprégné de foi chrétienne. « Je crois à la vie […] Je crois que ceux qui sont de l’autre côté continuent à avoir avec nous quelque chose comme une relation. […] Peut-être vous me prendrez pour un fou », a confié François Bayrou, catholique pratiquant mais qui s’est toujours positionné pour la séparation stricte du politique et du religieux.