Girondins de Bordeaux: GACP, King Street, Fortress… Pourquoi le club a si peu dépensé lors de ce mercato?

Joe DaGrosa, Hugo Varela et Frédéric Longuépée (de gauche à droite) au Matmut Atlantique. — Nicolas Tucat / AFP

  • Bordeaux est le troisième club de Ligue 1 qui a le moins dépensé d’argent lors de ce mercato.
  • Les tensions sont de plus en plus fortes entre les deux fonds d’investissement américains, GACP et King Street.
  • Malgré ce faible investissement, le club présente une équipe plus que correcte avec notamment l’arrivée de Laurent Koscielny.

Depuis lundi soir, c’est un défouloir sur les réseaux sociaux. Les supporters des Girondins de Bordeaux, très déçus de la fin du mercato de leur club de cœur, tirent à boulets rouges sur les nouveaux propriétaires américains. Certains avec plus ou moins d’humour. Joe DaGrosa, président de GACP et copropriétaire du club avec King Street mais aussi Hugo Varela, patron du projet sportif, en prennent pour leur grade.

Que leur reproche-t-on aujourd’hui ? Tout simplement le décalage entre leurs paroles et leurs actes. Et c’est peut-être Paulo Sousa qui a le mieux résumé la situation après le match à Lyon (1-1) lorsqu’il a été interrogé sur les objectifs de la saison : « Quand ils parlent derrière [mon dos] pour essayer de motiver nos supporters, en donnant une place [au classement]… Les rêves non, c’est important qu’il y ait dedans beaucoup de réalisme… » En gros, c’est bien beau de déclarer tout feu tout flamme que le club veut concurrencer le PSG ou acheter des « top player » mais encore faut-il y mettre les moyens.

GACP et King Street, ça chauffe !

Et aujourd’hui, c’est clairement là que le bât blesse. Chez certains, les inquiétudes entrevues avant le rachat du club, il y a tout pile un an, ressurgissent même. C’est vrai que lorsqu’un proche du club vous affirme que celui-ci « n’a même pas un million d’euros » pour conclure le transfert du jeune Matteo Tramoni, cela peut clairement poser question. Alors que se passe-t-il avec les deux fonds d’investissement américains ?

Selon nos informations, les relations entre Joe DaGrosa et les dirigeants de King Street (propriétaire du club à 86 %) sont extrêmement tendues. Le premier demande régulièrement plus d’argent pour restructurer le club et développer le sportif alors que le projet présenté au départ devait s’autofinancer. Les seconds, arrivés la fleur au fusil dans le monde du football sans véritable prise de renseignements (et où au final peu de clubs gagnent de l’argent), souhaitent avoir un retour sur investissement ultra-rapide et ne veulent (déjà) plus lâcher un euro.

Cette situation se ressent aussi sur place où l’ambiance est de plus en plus lourde entre les membres de GACP et Frédéric Longuépée, président délégué du club et homme de confiance de King Street au château du Haillan.

Quand Fortress se porte garant pour Bennasser

Cette attitude est assez récente de la part de King Street. En effet, le club a pu investir sur un entraîneur sollicité (Paulo Sousa), un directeur du Football confirmé (Eduardo Macia) ou encore du personnel sans véritable restriction dans un premier temps. En début de mercato, les Girondins faisaient des offres de transferts alors qu’à la fin de celui-ci, même un prêt avec option d’achat comme pour Rémi Oudin n’était plus possible.

Autre exemple marquant, l’interminable dossier Aït-Bennasser. Selon les informations de 20 Minutes, King Street n’a jamais donné totalement son feu vert pour le prêt du milieu de terrain de Monaco et surtout, il a fallu que  Fortress (le fonds d’investissement prêteur pour acheter le club) se porte garant sur l’option d’achat obligatoire. C’est dire. Enfin, si la DNCG n’a fait aucune remarque au club lors de son passage en juin dernier, elle surveille de très près le projet bordelais et King Street l’a bien compris.

La balance du mercato devrait en tout cas faire plaisir à l’instance de contrôle puisque les Girondins ont rentré 28 millions d’euros dans les caisses (35 de ventes et 7 d’achats). C’est simple, le club au scapulaire est le troisième club français à avoir le moins dépensé cet été juste devant Brest et Dijon.

Malgré tout, l’équipe tient la route

Reste maintenant à disputer une saison. Si Paulo Sousa peut être déçu et frustré par ce mercato, il peut également se satisfaire d’avoir obtenu six nouveaux joueurs dont Laurent Koscielny, un joueur de niveau international qui apporte déjà beaucoup. Sur le papier, l’équipe type (Costil – Benito, Pablo, Koscielny, Mexer, Sabaly – Otavio, Aït-Bennasser – De Préville, Kalu, Hwang) tient la route. Sans oublier que Jovanovic, Kwateng, Bellanova, Maja, Briand ou encore Kamano, s’il retrouve son niveau, peuvent rendre plus que service.

La principale préoccupation pour l’entraîneur portugais reste son milieu de terrain notamment en cas d’absence des deux titulaires. En effet, le jeune et prometteur Aurélien Tchouaméni qui a eu sa chance en ce début de saison a du mal à confirmer tout son potentiel.

Trois matchs déjà importants pour la suite de la saison (Metz, Brest et Amiens) attendent maintenant les Girondins avant la réception du PSG. Et comme dit un dirigeant du club : « Si tu gagnes, peu importe les joueurs, tout va bien. Si tu perds, même en ayant recruté Messi au mercato, tout ira mal. » Peut-être. Mais c’est quand même plus facile de gagner un match de football avec Messi dans son équipe…

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