Gironde : Plus de 30 % des viticulteurs « en difficulté », selon une enquête sur les exploitations

Les chiffres sont à la hauteur du malaise au sein de la viticulture bordelaise. Près de 30 % de la profession se trouve en difficulté, soit 1.320 viticulteurs, selon l’enquête commandée par la préfète à la Chambre d’agriculture de la Gironde pour faire un état des lieux, alors qu’une crise chronique de surproduction de vin sévit dans le Bordelais.

Plus d’un quart de ceux qui se déclarent en difficulté (soit 330 personnes environ) veut complètement arrêter ses activités et arracher la totalité de ses vignes. Les autres veulent continuer à cultiver la vigne mais en réduisant la taille de leurs parcelles via l’arrachage et, en envisageant d’autres productions végétales. Les cultures des oliviers et des noisetiers sont le plus souvent citées. « Ils sont également nombreux à souhaiter développer des démarches d’œnotourisme et d’agritourisme », précise la Chambre, ce vendredi, dans son communiqué.

Très forte augmentation des viticulteurs avec un revenu négatif

L’enquête montre aussi que ceux qui veulent arrêter ont en moyenne plutôt la soixantaine et n’ont pas de successeur ou de repreneur. Et, ceux qui veulent continuer en diversifiant ont plutôt en moyenne la cinquantaine.

« On voit une très forte augmentation depuis 2018 du nombre de viticulteurs qui ont un revenu négatif ou en dessous du SMIC, observe Philippe Abadie, directeur du service des entreprises à la Chambre d’agriculture de la Gironde. On ne vend plus que 4 millions d’hectolitres quand le vignoble en produit 5,5 millions ». Le retournement du marché chinois et l’accélération de la chute des ventes de vin en France participent à expliquer cette crise viticole.

À l’occasion de la prochaine cellule de crise, des résultats plus détaillés de cette enquête seront présentés. Ils doivent permettre d’aider les autorités à établir un plan d’actions pour la filière.