«Gilets jaunes»: Le préfet de police défend de nouveau le LBD après un autre incident à Paris

Alors qu’un homme a été blessé au visage par un tir de LBD lors de l’Acte XVI à Paris, le préfet Michel Delpuech estime que les forces de l’ordre ont « absolument besoin » du LBD. — SIPA

Le préfet de police de Paris a de nouveau justifié dimanche l’usage du lanceur de balles de défense (LBD) dans les manifestations de « gilets jaunes », au lendemain d’une nouvelle blessure au visage d’un homme avec cette arme en marge du défilé parisien.

Ouverture d’une enquête par l’IGPN

Cette blessure, dont les circonstances restent à éclaircir et qui fait l’objet d’une enquête confiée par le parquet à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), est intervenue alors qu’il « y a eu quatre tirs de LBD seulement » samedi lors de l’acte 16 des « gilets jaunes », a indiqué sur BFMTV le préfet Michel Delpuech.

« Dès que j’aurai, et ce sera le cas (dimanche) après-midi, le rapport détaillé sur les circonstances de l’événement, je le transmettrai bien sûr à l’IGPN et je verrai en interne (…) les initiatives à prendre si la règle de droit n’a pas été respectée », a-t-il précisé.

Le blessé, un homme de 41 ans possiblement étranger à la manifestation, a été transporté samedi par les pompiers à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière où il a été subi plusieurs points de suture, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Paris.

De nombreux blessés graves par tir de LBD

Depuis le début de ce mouvement de contestation inédit, la « police des polices » est saisie « d’une centaine de cas » d’accusations de violences policières. « A l’heure où je vous parle, il n’y a eu encore aucune sanction engagée. Ça ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas », a déclaré Michel Delpuech.

Selon le préfet de police, les forces de l’ordre ont « absolument besoin » du LBD en raison du « contexte » de violences et « d’émeutes urbaines ».

Cette arme dite « intermédiaire » est l’objet de vives controverses en France pour le nombre de blessés graves qu’elle a provoqués depuis le début du mouvement social, et plusieurs institutions ont demandé sa suspension.

Depuis la mi-novembre, les forces de l’ordre ont procédé à « près de 2.800 interpellations dans la capitale », en majorité de « «gilets jaunes» classiques », des « gens qui sur le pavé parisien se laissent aller par désinhibition, par mimétisme », a-t-il dit.

Samedi, 38 personnes ont été interpellées à Paris, selon la préfecture de police et le parquet.