«Gilets jaunes» à Toulouse: «On est là pour dire à Macron qu’on lâche rien»

Des « gilets jaunes » et des militants de la CGT ont manifesté jeudi en marge de la venue d’Emmanuel Macron pour les voeux aux Armées. — B. Colin / 20 Minutes

  • Ce jeudi, Emmanuel Macron présentait ses vœux aux Armées sur le site militaire de Toulouse-Francazal.
  • Des « gilets jaunes » et des militants de la CGT ont manifesté en marge de la venue du président de la République, encadrée par un important dispositif policier.

Ils ne l’ont pas vu, à peine ont-ils aperçu l’avion présidentiel dans le ciel avant qu’il se pose en début d’après-midi sur le tarmac de l’aéroport de Francazal, au sud de Toulouse. Alors qu’Emmanuel Macron était présent sur la base de l’armée de Terre pour présenter ses vœux aux Armées, à quelques encablures de là, plus de 200 « gilets jaunes » et militants de la CGT ont manifesté dans le calme devant un cordon de gendarmes mobiles.

Un très important dispositif de sécurité avait été mis en place pour les empêcher d’accéder au site, où la présence de 1.600 civils et militaires était annoncée. Ce qui n’a pas empêché les manifestants de se mobiliser. « Lui est dans sa tour d’ivoire, il ne nous verra pas. Mais on est là pour lui dire qu’on ne lâche rien, surtout quand on entend samedi que les Français vont encore devoir faire des efforts alors qu’on paie de plus en plus d’impôts en ayant de moins en moins de service public », lance un trentenaire.

Le grand débat ? « Du blablabla. »

Un avis partagé par Annie. Cette ancienne salariée de la fonction publique vient « défendre le pouvoir d’achat ». « Moi j’ai une bonne retraite mais je vois les gens qui ont du mal à s’en sortir autour de moi. On devrait mettre tous les ministres et députés dans un village avec 1.200 euros pour vivre, payer l’électricité, les charges, le carburant et on verrait s’ils s’en sortent », poursuit cette sexagénaire mobilisée depuis des semaines.

Pour elle, toutes les mesures annoncées c’est du « blablabla ». « Son grand débat, c’est juste une bonne opération de com’ pour préparer les Européennes. » « Est-ce qu’on peut même parler de débat quand on pose des conditions avant même qu’il ait lieu ? Quand on assure qu’on ne réinstaurera pas l’ISF ? », enchaîne un jeune homme pour qui notre système actuel « est à bout de souffle ».

« Sans rapport de force, ça n’aboutit pas »

« Ce grand débat est faussé, ça fait des années qu’on discute avec lui, que ce soit lorsqu’il était à Bercy ou maintenant à l’Elysée, et ça n’aboutit à rien. Sans rapport de force, ça n’aboutit pas », estime Jean-Claude Catala de l’union départementale CGT qui appelle à manifester pour l’acte 10, ce samedi.

Pour le syndicaliste, la colère ne s’apaisera pas tant que « les salaires ne seront pas augmentés, les pensions relevées et l’ISF rétabli ». « Les mesures annoncées ne coûtent rien au patronat. On ne va pas chercher l’argent où se créent des richesses, du coup on tape dans l’impôt et, forcément, ce sont ceux qui réclament qui vont payer », conclut-il.

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