« Gilets jaunes » à Bordeaux : La vidéo d’une interpellation d’un manifestant fait polémique

Des «gilets jaunes» à Bordeaux le 25 mai 2019. — AFP

  • La vidéo d’une interpellation d’un manifestant samedi à la gare de Bordeaux a suscité une vive émotion chez les internautes.
  • Le procureur et le directeur départemental de la sécurité publique ont défendu les forces de l’ordre, parlant d’une vidéo « tronquée » et d’une arrestation « réglementaire ».
  • Le jeune homme interpellé n’aurait pas porté plainte selon le parquet de Bordeaux.

Samedi, en marge de la manifestation bordelaise des « gilets jaunes », 29 personnes ont été placées en garde à vue. L’une des interpellations a été filmée par le média indépendant AB7 Média et montre un jeune homme agrippé et frappé par les forces de l’ordre, alors qu’il ne semble pas opposer de résistance à son arrestation.

Sur les images, un policier s’avance et désigne un homme : « Non, à gauche, à gauche ! ». Un autre policier court alors vers un autre homme porteur d’un bonnet vert, l’attrape par les vêtements et le tire au sol, avant de l’immobiliser tandis que son collègue lui assène un coup de pied dans le bas du corps, devant des badauds interloqués. Plusieurs enfants sont éloignés de la scène.

Une séquence « tronquée »

Problème pour la police comme pour le parquet de Bordeaux : la séquence qui suscite l’émoi a été « tronquée des événements ayant précédé cette interpellation », affirment les services du procureur de la République. Le directeur départemental de la sécurité publique de la Gironde, Patrick Mairesse, explique que le jeune homme au bonnet avait été auparavant vu par un policier en train de « jeter des pierres » en direction des forces de l’ordre, dans le secteur de la gare, alors en proie à « beaucoup d’agressivité ». « Un hélicoptère l’avait précédemment filmé en train de récupérer des objets sur un chantier », a précisé le parquet de Bordeaux.

« Oui, il est interpellé au milieu de badauds, mais c’est lui qui s’est dissimulé au milieu d’eux pour éviter d’être interpellé », a justifié le chef de la sécurité publique. « Le policier a effectué un balayage qui consiste à mettre à terre une personne pour qu’elle soit menottée plus facilement : ce geste fait partie des techniques appropriées et réglementaires », a-t-il détaillé.

Pas de plainte déposée

Le parquet a précisé que le jeune homme n’avait pas déposé plainte. Remis en liberté dimanche soir, il devait être réentendu lundi en garde à vue.

A la fin de la vidéo, on voit un autre homme, qui cherche visiblement une amie, se faire repousser violemment par les forces de l’ordre. Le Sicop explique simplement à nos confrères de Libération qu’« un périmètre classique » est établi lors d’une interpellation.

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