« Gaz hilarant » : La police saisit 16 tonnes de bouteilles de protoxyde d’azote en Seine-et-Marne

C’est la plus importante saisie jamais réalisée en France de ce gaz dont l’utilisation est détournée. Dans un hangar de Noisiel, en Seine-et-Marne, les enquêteurs de la sûreté départementale du Rhône ont mis la main sur 16 tonnes de bouteilles de protoxyde d’azote, soit 6,8 tonnes de gaz encapsulé. Peu avant cette exceptionnelle découverte, réalisée le 9 décembre dernier, les policiers avaient interpellé deux hommes et les avaient placés en garde à vue. L’un d’eux, âgé de 34 ans et déjà connu de leurs services, est soupçonné d’être à la tête d’un vaste trafic qui irriguait la France de ce gaz hilarant surnommé « proto ».

L’affaire, révélée par Le Monde, remonte à l’été dernier. Les policiers ont commencé à s’intéresser à ce réseau qui écoulait sa marchandise en la proposant notamment sur Snapchat. Une enquête a été ouverte par le parquet de Lyon pour « travail dissimulé en bande organisée », « vente à la sauvette » et « vente ou distribution de produit spécifiquement destiné à faciliter l’extraction de protoxyde d’azote pour en obtenir les effets psychoactifs ».

135 tonnes de « proto » écoulées

En vente libre, ce gaz hilarant – que l’on trouve sous forme de cartouches pour les siphons à crème Chantilly ou dans le milieu médical dans un but anesthésiant – est prisé des fêtards et des jeunes, qui en détournent son usage pour son effet euphorisant en dépit des risques. Or, depuis le 1er juin 2021, une loi interdit « de vendre et de distribuer » ce produit « afin d’en obtenir des effets psychoactifs », sous peine d’une amende de 3.750 euros.

Depuis, la police multiplie les contrôles chez les commerçants qui en commercialisent. Mais des filières parallèles se sont emparées de ce business moins risqué que le trafic de drogue, mais très lucratif pour autant. Elles s’organisent pour satisfaire une demande en pleine croissance.

Le 27 septembre, les policiers rhodaniens poursuivent leur enquête et découvrent, dans un dans des appartements et un entrepôt de Villeurbanne, quatre premières tonnes de protoxyde d’azote, 8.000 euros et 92 engins pyrotechniques et arrêtent trois individus. Les investigations permettent rapidement d’identifier un homme soupçonné d’être à la tête de ce réseau. Le 9 décembre, lui et son complice sont interpellés vers 2h15 du matin, au Bourget, en Seine-Saint-Denis, alors qu’il revenait d’un séjour en Belgique et au Pays Bas.

A l’issue de leur garde à vue, ils ont été mis en examen par un juge d’instruction qui a ouvert une information judiciaire et placés en détention provisoire. Selon les estimations des policiers, le réseau aurait, en sept mois, importé et écoulé sur le territoire 135 tonnes de « proto ».