Gard : La députée Annie Chapelier quitte LREM, dénonçant « un mouvement hors sol »

L’Assemblée nationale (Illustration) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

La députée du Gard Annie Chapelier a annoncé ce lundi avoir décidé de quitter LREM, ne se reconnaissant « plus en rien » dans le mouvement macroniste, tout en restant apparentée au groupe majoritaire, indique l’AFP. « Je choisis de quitter La République en Marche, parti dans lequel ne se retrouve plus aucune des valeurs qui ont été à l’origine de mon engagement », a indiqué l’élue gardoise dans un communiqué.

La députée reste néanmoins apparentée au groupe LREM à l’Assemblée nationale.​ Annie Chapelier, membre de la commission des Affaires étrangères, assure aussi que son engagement auprès du Président de la République « reste total ». Elle indique soutenir le programme du chef de l’Etat, « en particulier la réforme des retraites », mais estime que le mouvement en « manque la mise en œuvre », n’arrivant pas à se « faire comprendre ». Elle juge aussi l’enjeu climatique « insuffisamment pris en compte ».

« Un mouvement hors sol »

Mais la parlementaire dénonce « un mouvement hors sol, indifférent aux territoires et clivant les députés en deux groupes : d’un côté des apparatchiks, petits chefs plus ou moins autoproclamés et, de l’autre, une masse, insignifiante à leurs yeux à qui on demande une allégeance et une obéissance aveugles ».

Infirmière anesthésiste de profession, l’élue revendique l’engagement « d’une citoyenne en politique » et avoir pris sa décision « mûrement réfléchie » à l’occasion d’un bilan de mi-mandat, récusant tout enjeu local, lié notamment aux élections municipales, a-t-elle indiqué à l’AFP. Le mouvement devait fonctionner différemment « avec l’intelligence collective, la participation citoyenne », mais le parti ressemble à « n’importe quel autre ». « On a mis à la mode des mots comme « disruptif » et « bienveillance ». Où sont passés tous ces termes ? », s’est encore interrogée la députée gardoise.

Elle n’avait pas l’intention de se représenter

En 2018, Annie Chapelier avait indiqué à L’Express qu’elle ne souhaitait pas se représenter. « Je ne compte pas faire du mauvais travail sous prétexte que je ne me représente pas, avait-elle confié. Au contraire, je ne suis pas soumise aux dangers de l’électoralisme. » Le groupe majoritaire a enregistré depuis 2017 une dizaine de départs secs, et quelques passages de membres à part entière à apparentés.

Interrogé par 20 Minutes, Jérôme Talon, le référent de LREM dans le Gard, se dit « déçu » que la députée quitte le navire, à « un moment où il faut, au contraire, se serrer les coudes », même s’il « peut comprendre certains de ses griefs ». « Quand on s’investit dans un mouvement, il faut être conscient que de temps en temps, on n’est pas forcément d’accord. Il faut faire bouger les choses de l’intérieur, confie-t-il. Je connais Annie Chapelier, elle avait une certaine liberté, elle n’avait pas la même vision que tout le monde. » Jérôme Talon s’étonne toutefois qu’elle quitte le parti, tout en continuant à soutenir Emmanuel Macron. « La République en marche, c’est tout de même l’essence de ce que souhaite le Président de la République », souligne le référent LREM.

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