Gallimard, « très inquiet » du projet de fusion entre Hachette et Editis, parle de « véritable tsunami »

«C’est un véritable tsunami cette histoire. Je suis très inquiet», a-t-il dit ce mercredi sur France Inter. Antoine Gallimard, patron du groupe Madrigall, maison mère des éditions Gallimard, a exprimé ses craintes sur le projet de fusion entre Hachette, premier éditeur français et propriété du groupe Lagardère, et son challenger Editis, propriété de Vivendi.

«On touche à des terrains extrêmement sensibles: le scolaire et le parascolaire, a-t-il déclaré. La grande force de l’édition en France, c’est la diversité, c’est d’avoir des libraires indépendants, des petits éditeurs, des auteurs de toutes sortes. On fait un métier d’artisan. La démarche économique et industrielle» portée par Vincent Bolloré «n’a pas de sens», a-t-il martelé. «Cela peut-être un problème de dislocation» du marché.

Le géant des médias Vivendi, contrôlé par la famille Bolloré, avait annoncé en septembre son intention de monter à 45% du capital du groupe Lagardère, puis de lancer une offre publique d’acquisition sur le solde des actions.

«Je ne vois pas comment Bruxelles pourra accepter ce projet»

L’opération doit conduire au rapprochement de plusieurs médias comme Europe 1 et CNews, ainsi que des groupes Hachette Livre et Editis, concurrents dans de nombreux secteurs de l’édition, notamment dans les manuels scolaires.

L’opération doit ainsi être validée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel et par la Commission européenne.

«Je ne vois pas comment Bruxelles pourra accepter ce projet. Ce sont des gens très avisés, très attentifs. Je veux croire à la profondeur de ce travail», a espéré mercredi Antoine Gallimard.

Le marché du livre en France a connu une croissance inédite en 2021, avec une progression de 12,5% en euros constants par rapport à 2020, et de 7,4% par rapport à 2019, selon des chiffres publiés fin janvier par Livres Hebdo.