Fusillade en Californie : Meurtrie par l’un des siens, la communauté asiatique de Los Angeles cherche des réponses

« Quel était le mobile du tireur ? Souffrait-il de troubles mentaux ? Etait-il un conjoint violent ? Comment s’est-il procuré ses armes ? » Comme beaucoup d’habitants de Monterey Park, une ville de 60.000 habitants de la banlieue de Los Angeles aux deux tiers d’origine asiatique, où onze personnes ont été tuées dans un dancing en marge des célébrations du Nouvel an lunaire, samedi, l’élue californienne Judy Chu a « beaucoup de questions ». Auxquelles ne répondra pas le suspect, un septuagénaire d’origine chinoise, qui s’est suicidé. Mais selon le Los Angeles Times, les enquêteurs privilégient la piste de la jalousie et d’une attaque ciblée.

Après une chasse à l’homme, Huu Can Tran, 72 ans, a été retrouvé mort dimanche dans son van à Torrance, au sud de Los Angeles. Une arme a été retrouvée dans son véhicule. Lundi, une des personnes blessée est décédée à l’hôpital, portant le bilan à 11 morts.

Un homme colérique

Selon Chester Chong, président de la chambre de commerce chinoise de Los Angeles, le tireur cherchait vraisemblablement une femme qui avait été invitée à danser sans lui. Le suspect fréquentait régulièrement le dancing, au moins par le passé. C’est là qu’il avait rencontré son ex-femme. Cette dernière, qui a demandé le divorce en 2005 et ne l’a pas vu depuis des années, a indiqué à CNN que Huu Can Tran, qui lui donnait à l’époque des leçons de danse, était « prompt à la colère » quand elle ratait un pas car il estimait que cela rejaillissait sur lui.

Il y a une dizaine d’années, le suspect était également allé voir la police, affirmant que sa famille cherchait à l’empoisonner, sans toutefois porter plainte. Selon le LA Times, Tran souffrait de « troubles émotionnels » qui se seraient aggravés dans les dernières semaines.

Cette tuerie secoue une communauté déjà marquée par l’explosion des attaques anti-asiatiques, notamment catalysée par la pandémie, avec une hausse de 177 % en 2021 en Californie. Il s’agit également de la fusillade de la plus meurtrière depuis celle dans l’école du Uvalde, au Texas, en mai 2022. « Aucun pays dans le monde n’est autant terrorisé par ce flux constant de violence des armes à feu. Nous avons besoin d’une réforme nationale », a plaidé le gouverneur de Californie, Gavin Newsom.