Fusillade dans un lycée de Grasse : Ouverture du procès avec un jour de retard et à huis clos

Akram Fezai, un lycéen sérieusement blessé lors de la fusillade du 16 mars 2017, était présent au palais de justice de Nice lundi 2 mars 2020 — AFP

  • Le procès de Killian, auteur présumé d’une fusillade dans un lycée de Grasse en mars 2017 et de son complice présumé doit durer jusqu’au 20 mars.
  • L’audience s’est ouverte avec un jour de retard et à huis clos.
  • Les deux accusés étaient mineurs au moment des faits.

Les débats se dérouleront sans « publicité » jusqu’au 20 mars. Le procès de la première fusillade scolaire en France, qui avait fait cinq blessés par balles au lycée Tocqueville de Grasse en 2017, s’est ouvert ce mardi matin à Nice, avec un jour de retard, et à huis clos en raison de l’âge des accusés, mineurs au moment des faits.

Fasciné par la tuerie du lycée de Columbine aux Etats-Unis, où deux jeunes armés avaient fait treize morts avant de se suicider en 1999, Killian B. comparaît pour « tentatives d’assassinat » aux côtés de Lucas R., un ami accusé de complicité.

Killian a passé son bac en prison

L’ancien élève discret est désormais un jeune homme de 19 ans et c’est d’une voix grave qu’il a brièvement décliné son identité dans le box des accusés, le visage fermé émergeant d’une chemise noire boutonnée jusqu’au col, les cheveux brun foncé bien coupés, offrant à la cour le profil d’un détenu modèle qui a passé son bac en prison. « Là, je travaille aux ateliers », a-t-il déclaré en réponse à une question du président de la cour, avant que ce dernier ne prononce le huis clos.

La veille, profitant de l’intérêt médiatique pour le dossier, le premier de ce genre en France, des dizaines d’avocats des barreaux de Grasse et de Nice avaient bloqué la salle d’audience et manifesté pour le maintien du régime de retraite de la profession mis à mal, selon eux, par le gouvernement, une action qui avait entraîné le report d’une journée du début du procès qui doit durer jusqu’au 20 mars.

Me Eric Dupond-Moretti, l’avocat de Killian, très énervé, avait fait valoir son devoir de défendre « un gamin en taule depuis trois ans », tout en concédant que la réforme était « scandaleuse ».

Se venger d’une dizaine de camarades de classe

Le 16 mars 2017, son client avait escaladé le grillage de son lycée à l’heure du déjeuner et pénétré dans le lycée armé d’une bombe artisanale, d’un fusil de chasse, d’un revolver et d’un pistolet à grenaille dérobés chez son grand-père avec quantité de munitions.

Interpellé après 35 minutes de terreur dans l’établissement où élèves et professeurs avaient d’abord cru à un attentat, comme l’annonçaient les haut-parleurs du lycée, Killian, alors âgé de 16 ans, avait spontanément avoué avoir voulu se venger d’une dizaine de camarades de classe, sans y parvenir car il s’était trompé de salle.

Par la suite, il a affirmé qu’il avait seulement voulu leur faire « très peur » et exprimé des regrets et des remords dans une lettre adressée au juge en octobre 2018.

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