Funérailles de la reine Elizabeth II : Le protocole « London Bridge » terminé, c’est la quille pour les milliers d’agents de sécurité

De notre envoyée spéciale à Londres,

Dossards jaune fluo, vestes « APS » orange vif, bobbies typiques des policiers de Londres, etc. Perdus dans la marée humaine constante qui a envahi les rues de la capitale du Royaume-Uni ces dix derniers jours, ces uniformes si reconnaissables faisaient office de phares au milieu de la tempête. Agents de sécurités, de polices ou de sûretés, ils étaient aux yeux des Britanniques comme à ceux des touristes des repères familiers au cœur d’une foule compacte et homogène. Ils étaient surtout les petites mains indispensables au bon fonctionnement du protocole  « London Bridge ». 20 Minutes est allé à leur rencontre à quelques heures de la fin des funérailles de sa majesté. Reportage en terre de real people.

La famille royale a quitté le palais de Buckhingam depuis plusieurs heures. Il est bientôt 18 heures et la reine Elizabeth II s’apprête à rejoindre sa dernière demeure, la chapelle Saint-Gorges à Windsor. Sur The Mall, cette allée processionnelle qui mène justement au palais royal, quelques retardataires et quelques curieux traînent encore. Fini la foule des grands jours, de ceux qui s’en ont suivis l’annonce du décès de Queen E.

Des photos collectors en mode détente

Alors forcément, on se détend. « Qui veut que je prenne une photo du palais pour lui ? », lance même Daniel, un agent de sécurité d’une vingtaine d’années qui veille ce long chemin royal reliant Buckingham Palace à Trafalgar square. En un rien de temps, Daniel se retrouve avec des dizaines de téléphone dans les poches, offrant à tous ceux qui se trouvent au bon endroit au bon moment, une photo unique.

Et Daniel fait même passer une fillette de l’autre côté de la barrière [35 kilomètres avaient été montés dans le centre de Londres pour contenir la foule], le temps d’un cliché collector. Interdit ? « Personne ne m’a dit « oui » mais personne ne m’a dit « non » », lâche tout sourire l’agent de sécurité.

Plus loin, à St James Park, le parc qui jouxte The Mall et le palais de Buckingham, un bivouac improvisé sert de PC de sécurité à des centaines d’agents en poste depuis dix jours. Autour de cette tente immense, ça se checke, ça rigole, ça fume un clope et ça se donne rendez-vous au pub. Des pubs qui risquent fort d’être pris d’assaut. Il faut dire que plus de 10.000 officiers de police ont été ajoutés aux effectifs habituels pour sécuriser ces funérailles historiques, avait avancé The Guardian avant le grand raout.

La Metropolitan Police avait, elle, déclaré qu’il s’agissait du « plus grand déploiement d’officiers de police », soit « plus grand que pour les JO de 2012 et que pour le Jubilé de platine ». Londres n’a pas été pas la seule ville à avoir revu son service d’ordre à la hausse. Windsor, où repose désormais la reine Elizabeth II, a aussi fait appel à des renforts : 2.000 officiers y ont été déployés pour épauler Scotland Yard. 

« Je vais dormir pendant une semaine je pense »

« C’est la fin de dix longues journées, on est tous crevés et on est contents de revenir à un rythme normal », confie à 20 Minutes Ravi, agent de sûreté qui se détend un brin à St James Park. La normale, ce ne sera tout de même pas pour tout de suite. Si la vie a repris son cours quelques heures à peine après le départ du cortège royal, « les barrières et les PC sécurités seront retirés en fin de semaine », assure David, qui cite sa hiérarchie. Son job ? Ces dix derniers jours, il a veillé l’une des entrées du « Floral Tributes » de Green Park. Posté debout toute la journée, à côté d’un panneau clignotant toute flèche à droite.

David a tout simplement l’air épuisé. « Je suis crevé, je n’ai qu’une envie c’est rentrer chez moi et ne plus jamais voir de bouquets de fleurs », blague le quinqua sympa. « Je vais dormir pendant une semaine je pense », lâche Sandra. Tout comme David, elle a guidé les touristes et les sujets de la Reine les plus dévoués jusqu’à l’un de ces mémoriaux improvisés. « Je n’ai jamais vu autant de monde. J’ai l’impression d’avoir dit la même phrase en boucle pendant dix jours », sourit la jeune femme.

A la sortie de Green Park, on croise un agent de la Metropolitan Police. Pas en patrouille, pas même en train d’effectuer un contrôle mais devant une boutique de souvenirs. Le policier, en uniforme, est en train de choisir une figurine de l’infanterie de la Household Division, la fameuse « garde du roi » et ces chapeaux en poils d’ours. « Ça fera plaisir à mon fils ! », assure-t-il avant de conclure : « C’était dix jours très intenses, mais unique saussi dans une carrière. »