France

Frappes au Moyen-Orient : expatriés français sereins à Dubaï.

Nicolas, chef d’entreprise installé à Dubaï depuis octobre 2018, observe que la sécurité de la ville a pris un coup et que le moral est affecté, bien que sa vie quotidienne ne soit pas si bouleversée. Les écoles sont fermées jusqu’à mercredi et les expatriés s’organisent via des groupes WhatsApp pour suivre l’actualité.

«Certains cherchent le buzz sur les réseaux sociaux, mais la réalité ici est bien différente ». Nicolas*, chef d’entreprise, exprime son étonnement face à certaines réactions. Résidant à Dubaï depuis octobre 2018, ce père de famille de 37 ans analyse la ville du luxe et de l’opulence d’un point de vue plus pragmatique que les récits enflammés des influenceurs et des stars de la télé-réalité sur Instagram. Ce week-end, des ripostes iraniennes ont ciblé plusieurs pays du Golfe, dont Dubaï aux Émirats arabes unis, en réaction aux attaques israéliennes et américaines sur le sol iranien. Missiles, explosions, images saisissantes… Dubaï ne s’était jamais imaginé devenir une zone de conflit. Toutefois, pour les expatriés ou immigrés français sur place depuis des années, il n’est pas question de céder à la panique.

« Depuis mon arrivée, c’est la première fois que cela dérape. C’est inhabituel. Actuellement, le sentiment de sécurité à Dubaï a pris un coup, et le moral est affecté », admet Nicolas. Malgré cela, sa vie quotidienne n’est pas tant perturbée : « Nous avons dîné dans le secteur touché par les attaques. En sortant de la voiture, une explosion a retenti. C’était un bruit immense et une onde de choc. Malgré cela, nous avons décidé de manger, mais en voyant que la situation se poursuivait, nous sommes finalement rentrés chez nous. Nous ne savions pas comment réagir alors nous avons choisi de nous mettre en sécurité à la maison. » Il souligne également « l’efficacité du système de défense local, très performant. »

Laetitia L., expatriée depuis une vingtaine d’années avec sa famille, partage un point de vue similaire avec un calme rassurant : « Tout va bien de notre côté. Il n’y a rien de dramatique pour le moment. ». Selon elle, les frappes se concentrent « précisément sur des bâtiments et des lieux très ciblés, sur des objectifs militaires et de renseignement. Les civils restent épargnés jusqu’à présent. Le reste n’est que des images impressionnantes qui font le bonheur des chaînes de télévision. »

Écoles fermées, télétravail et une ville au ralenti

Depuis lors, la vie quotidienne s’est adaptée. Les écoles sont fermées jusqu’à mercredi. « Nous essayons de ne pas inquiéter nos enfants, nous voulons les préserver mais nous les informons tout de même qu’il est important de rester en sécurité », explique Nicolas, qui travaille également de chez lui, tout comme ses collaborateurs et ceux de Laetitia.

La ville, habituellement toujours vivante, ralentit également : « Il y a moins de gens dehors, moins d’activités… Nous attendons tous de voir ce qui va se passer. Mais la priorité est notre sécurité », témoigne le père de famille. Les expatriés s’organisent par le biais de groupes WhatsApp pour suivre l’actualité, mais Nicolas reste prudent concernant ses contacts : « Je n’ai pas contacté le consulat. Quand il sera nécessaire de rentrer, nous le ferons, mais nous ne ferons pas l’objet d’un rapatriement sans raison. Ce n’est pas le but. »

Laetitia n’a pas non plus contacté le consulat, jugeant qu’il n’y a « pas besoin ». « L’école de mon fils et les autorités nous ont envoyé plusieurs e-mails ces derniers jours avec des contacts à utiliser en cas de besoin. »

Ce lundi, cependant, « la situation commence à se calmer », remarque Nicolas. « Il n’y a ni comportement ni ambiance de panique autour de nous », ajoute Laetitia. Reste toutefois l’incertitude quant à la durée : « Ce qui est plus difficile à prévoir, c’est quand cela va s’arrêter », confie le trentenaire. Mais l’optimisme l’emporte : « Je ne pense pas que ce soit la fin de Dubaï. » Pour lui, la ville du luxe a encore des atouts à faire valoir et devrait conserver son statut de paradis (fiscal).

*Le prénom a été modifié.