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France Télévisions : « Ce que vous dites est absolument faux » lors de la dernière séance.

Delphine Ernotte a affirmé que France Télévisions « coûte 600 millions (d’euros) de moins (par an) qu’il y a dix ans », tandis que Charles Alloncle a insisté sur une hausse de la dotation publique de 136 millions d’euros entre 2015 et 2024. La commission a tenu sa 67e audition après avoir entendu 234 intervenants, et les 31 membres se prononceront le 27 avril sur la publication du rapport.


Ces deux personnes ne passeront pas leurs vacances ensemble, c’est certain. Mercredi, lors de la dernière audition de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, un échange particulièrement tendu a eu lieu entre la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, et le rapporteur UDR Charles Alloncle, concernant le coût du groupe pour les finances publiques.

Au centre du désaccord, deux interprétations contradictoires des chiffres. Delphine Ernotte a indiqué que France Télévisions « coûte 600 millions (d’euros) de moins (par an) qu’il y a dix ans » en tenant compte de l’inflation. De son côté, Charles Alloncle a souligné une augmentation de la dotation publique de 136 millions d’euros entre 2015 et 2024.

« Ce que vous dites est absolument faux »

La dirigeante a vigoureusement contesté cette analyse, déclarant : « Pardon d’être aussi directe, Monsieur le rapporteur, mais ce que vous dites est absolument faux ». Elle a alors critiqué une présentation orientée des données : « Pardon, mais je trouve ce procédé très manipulatoire… Vous mélangez chiffre d’affaires et dotation publique… Vous additionnez deux rapports de la Cour des comptes sans le préciser ».

Malgré cette confrontation, l’audition a continué sur d’autres sujets. L’État verse environ 2,5 milliards d’euros par an à France Télévisions, qui envisage également 150 millions d’euros d’économies d’ici 2026.

Plus de 230 personnes entendues

La commission, dont les travaux ont été émaillés de plusieurs incidents depuis fin novembre, a réalisé sa 67e audition après avoir entendu 234 intervenants. Son président, Jérémie Patrier-Leitus, a rappelé les limites du débat public : « Nous, les responsables politiques n’avons pas le droit de jeter en pâture ou de désigner à la vindicte publique nos concitoyens ».

Charles Alloncle a maintenant une quinzaine de jours pour rédiger ses conclusions et proposer d’éventuelles évolutions législatives. Les 31 membres de la commission voteront le 27 avril sur la publication du rapport.