France – Irlande : « Quand on est tous connectés comme ça »… Première période des Bleus au Louvre
Le XV de France a concédé zéro pénalité durant la première période du match contre l’Irlande, entraînant une performance rarissime. Fabien Galthié a souligné que l’équipe a été « parfaite sous les jeux au pied de pression sur la première partie du match ».
Au Stade de France,
Les Bleus ont offert une première période remarquable jeudi soir face à l’Irlande lors de l’ouverture du Tournoi. « C’est l’une des plus abouties, clairement », affirme Charles Ollivon, ancien capitaine avec 49 sélections. Malgré les changements intervenus dans l’équipe irlandaise au cours des dix-huit derniers mois, celle-ci a montré qu’elle conserve son esprit combatif, notamment au cours de l’heure de jeu. Cependant, le XV de France a été intraitable pendant 40 minutes, alliant densité physique, rythme intense et prises de risque judicieuses. Bien qu’une baisse de régime de 15 minutes soit à relever en seconde période, Louis Bielle-Biarrey rappelle que « les Irlandais avaient aussi le droit d’avoir des temps forts ». Concentrons-nous donc sur cette performance impressionnante.
La discipline
Abordons d’abord le sujet de la discipline, moins captivant mais essentiel. Avant le début de ce Tournoi, Fabien Galthié avait observé que les statistiques de ses joueurs pour 2025 n’étaient pas favorables. En conséquence, il n’a cessé de rappeler à ses joueurs de ne pas commettre de fautes, l’équipe concédant en moyenne 10 pénalités par match. Au sujet de la discipline, Ollivon déclare : « On en a parlé, reparlé, re-reparlé, re-re-reparlé pendant dix jours. Jérôme (Garcès, référent arbitrage) nous avait donné notre bilan, notamment sur les hors-jeu, où nous étions derniers au classement mondial. Nous avons beaucoup travaillé. »

Au final, aucun penalty n’a été accordé aux Irlandais en première période (quatre en tout). Une performance exceptionnelle qui a enchanté le staff et a surtout privé les Irlandais de possibilités de s’organiser dans le camp adverse pour imposer leurs longues séquences de possession. Ollivon souligne : « On ne voulait pas leur donner des pénalités au milieu du terrain, car c’est ainsi qu’ils pénètrent dans les 22 adverses et peuvent démarrer leur jeu. Donc, nous tenions à éviter de leur donner cette opportunité. »
Galthié, en descendant des tribunes, pouvait afficher sa satisfaction. « Ça a été dur à travailler, on a demandé aux joueurs de changer leurs habitudes. Mais je les remercie », a-t-il déclaré. Certains seront ravis de bénéficier d’un peu de relâchement à ce sujet dans les jours suivants, mais il est certain que Galthié veillera à ce que la discipline reste une priorité.
La maîtrise des ballons hauts
Un des principaux problèmes lors de la Coupe du monde 2023 avait été la difficulté à gérer les chandelles lors du quart de finale contre l’Afrique du Sud, où les Bleus avaient eu du mal à saisir les ballons. Par temps pluvieux, les Irlandais ont tenté cette stratégie tout au long de la première période, mais se sont heurtés à une défense solide. Bielle-Biarrey, particulièrement visé, a été déstabilisé, mais a maintenu une attitude positive : « Mais ça met dans le bain », a-t-il commenté.

Théo Attissogbe a également été performant, renforçant le secteur arrière qui a su relever le défi. Galthié exprime sa satisfaction : « Nous avons été parfaits sous les jeux au pied de pression en première partie de match. Nous avions beaucoup de joueurs dans la zone, avec toujours un premier soutien rapide. Notre organisation était solide malgré les conditions difficiles. »
« C’est un secteur sur lequel on se sait attendus, indique Thomas Ramos. Nous travaillons beaucoup là-dessus, et je pense que notre stratégie est efficace aujourd’hui. C’est encourageant de dominer un secteur face à une équipe qui se dit spécialiste. » Cette maîtrise des ballons est d’autant plus importante avec la nouvelle règle qui interdit les escortes, rendant la réception encore plus délicate.
Les prises de risques et l’amusement
Malgré des conditions climatiques peu favorables, les Bleus ont tenté de jouer dès le début. Bielle-Biarrey a failli marquer dès la 3e minute avant de concrétiser à la 15e minute. Cet essai a résulté d’une passe astucieuse de Jalibert qui a contraint l’arrière irlandais Osborne à dégager en touche. Les Bleus ont rapidement joué cette touche, permettant à Ramos, Depoortere et Moefana d’accélérer le jeu, ce qui a permis à l’ailier bordelais de marquer. Jalibert analyse cette stratégie :
« C’était un point aussi sur lequel on voulait appuyer, mettre du rythme. L’équipe d’Irlande peut pêcher physiquement parfois, donc nous, on voulait emballer le match et essayer de sortir un peu des structures qu’ils ont l’habitude de défendre et d’analyser. Ils sont très forts dans leur système, mais lorsque l’on sort un peu de ça, ils ont plus de difficultés. Nous savions que les pénaltouches vite jouées ou les pénalités rapidement jouées pouvaient les mettre à mal. »
Le XV de France a exploité ces opportunités durant les 40 premières minutes. Une bonne étoile les a accompagnés, comme le montre le coup de pied de Jalibert qui a rebondi favorablement dans les mains de François Cros, menant au troisième essai d’Ollivon. « On a mis de l’énergie et de l’engagement, souligne Galthié. C’est une des performances offensives les plus abouties depuis longtemps. »
Les joueurs ont pris plaisir à s’exprimer offensivement. « Jouer des pénalités ou des touches très vite, tenter des choses, c’est toujours des prises de risque, mais quand nous sommes tous connectés ainsi, nous transformons ces initiatives en choix payants, observe Bielle-Biarrey. Et c’est super plaisant. »
Cette notion d’amusement sur le terrain est perçue par Charles Ollivon comme le reflet d’un état d’esprit amélioré. Le deuxième ligne souligne la différence d’ambiance entre les dix derniers jours de la préparation et le rassemblement de l’automne dernier à Marcoussis. « Tout ce que nous avons discuté durant la semaine s’est manifesté sur le terrain. Les connexions, en attaque et en défense, étaient présentes, même dans des conditions difficiles. Bien expliquer cela est compliqué, mais j’ai l’impression qu’il y avait beaucoup plus de plaisir lors des entraînements, ce qui nous a permis de donner ce visage ce soir (jeudi). Franchement, nous nous sommes régalés. » Le public a également ressenti cette joie.

