France – Autriche : Giroud hors du groupe au Qatar, est-ce bien raisonnable ?

Au Stade de France,

Didier Deschamps n’est pas bien chanceux. Une défaite de l’équipe de France contre l’Autriche, et il entendait parler toute la soirée des casseroles de la FFF, et de son présumé impact sur la vie sportive des Bleus. Une victoire 2-0, avec un but d’Olivier Giroud, et voilà le débat sur sa présence ou non à la Coupe du monde relancé. Pile je gagne, face tu perds.

Soyons clairs. Sur le plan sportif, il ne fait aucun doute que personne ne mérite autant qu’Olivier Giroud d’être le numéro 9 suppléant de l’équipe de France au Qatar. Son but de la tête face aux Autrichiens est presque allégorique : le Milanais était le seul à voir dans le centre en cloche d’Antoine Griezmann un ballon décisif. Bien lui en a pris. Giroud a inscrit son 49e but en équipe de France et se rapproche inexorablement du record de Thierry Henry. Et de la Coupe du monde ? Rien n’est moins sûr.

Deschamps finalement pas figé sur le cas Giroud

Avant le match, c’était même plus que mal embarqué. « Il sait ce que je pense, disait Deschamps la veille. Je ne vais pas revenir là-dessus, redire des choses que j’ai dites, historiquement, par rapport au statut. Il y a eu d’autres joueurs que je n’ai pas pris par rapport à leur statut, et cela a fait moins de bruit. » Des mots qui veulent tout et rien dire, mais que les observateurs se sont accordés à considérer comme un mauvais présage de l’Oracle. L’idée étant que si Benzema est frais et dispo pour le Qatar, Giroud resterait à quai.

Mais DD est au fond un humain comme nous, et aussi obstiné soit-il, on ne peut décemment pas rester insensible devant l’abnégation d’un bonhomme sur qui l’âge n’a pas d’effet. Ni devant l’immense ovation du Stade de France à sa sortie du terrain. Si ça ne tenait qu’à Jonathan Clauss, le Milanais aurait déjà son billet pour Doha. « Il est fidèle à lui-même. C’est quelqu’un qui donne tout pour l’équipe sur terrain, applaudissait le Marseillais au micro de La Chaîne L’Equipe. Je dois le féliciter, ça ne doit pas être facile. Il a une force de caractère exceptionnelle, une mentalité de guerrier et ça se voit. »

DD ne veut pas qu’on interprète ses paroles

Bonne nouvelle, Didier Deschamps n’est pas aveugle. Ni ingrat, ou alors pas entièrement. Le sélectionneur se dit heureux pour son attaquant, en rappelant néanmoins que s’il l’appelle « c’est pour qu’il marque des buts ». Comme le disait le sage Mario Balotelli, on ne félicite pas un facteur parce qu’il fait bien son boulot, vu que c’est ce qu’on attend de lui. Mais on s’égare.

Le sélectionneur se retrouve désormais face à un casse-tête. D’un côté, il est persuadé que la perte du statut de titulaire de son champion du monde ne lui convient pas forcément et qu’en cela, il est risqué de l’intégrer dans un groupe de joueurs censés cohabiter pendant un mois. De l’autre, il est la seule alternative crédible à Karim Benzema (dans un tout autre style). « Il faut qu’il continue à être performant, prévient DD sur l’Equipe. Mais n’interprétez pas ce que je dis. Est-ce que j’ai dit qu’il y serait ou pas ? Non. Mais il fait tout pour y être. Il y a de la concurrence à tous les postes. Je peux avoir de la marge en prenant 26 joueurs. Mais tant mieux de le voir comme ça. Je vais avoir le temps de réfléchir. » Un dernier mot du vrai boss de cette équipe, alias Kylian Mbappé ? « On verra comment ça se passera quand Karim [Benzema] reviendra. » Les deux hommes n’ont jamais semblé aussi liés.