Fonctionnaires: 108.900 manifestants en France, selon le ministère de l’Intérieur, 250.000 selon la CGT

Les fonctionnaires ont manifesté contre le projet de loi de réforme de leur statut, le 9 mai 2019 à Montpellier. — Pascal GUYOT / AFP

Appelés à la grève, les fonctionnaires ont défilé partout en France, ce jeudi, contre le projet de loi censé « moderniser » leur statut, qui arrive à l’Assemblée nationale le 13 mai. Ils étaient 108.900 manifestants, selon le ministère de l’Intérieur, 250.000 selon les chiffres de la CGT.

Dans la capitale, « plus de 30.000 personnes » ont manifesté dans une unité syndicale clairement affichée, selon le syndicat. Tous les leaders des grandes centrales ont manifesté côte à côte à Paris : Philippe Martinez (CGT), Laurent Berger (CFDT), Yves Veyrier (FO) et Laurent Escure (Unsa). « Un fait rare » qui « devrait alerter le gouvernement », selon Philippe Martinez.

Enseignants, personnel hospitalier, douaniers, contrôleurs aériens

Les manifestants étaient 3.000 à Marseille (syndicats), de 3.300 (préfecture) à 5.300 (intersyndicale) à Lyon. Ils étaient presque autant à Nantes (3 à 4.000 selon les sources) où enseignants, employés des finances publiques, personnels de la fonction publique hospitalière soutenus par des « gilets jaunes » ont manifesté, personnel des urgences en tête. Entre un et plusieurs milliers de personnes se sont également rassemblées à Rennes, Montpellier, Bordeaux, Angers, Lille, Strasbourg, Perpignan, Albi… Entre 2.800 (préfecture) et 8.000 (CGT) à Toulouse.

À Dunkerque, les douaniers étaient très majoritaires. Ils sont en conflit depuis début mars avec Bercy pour obtenir des moyens et effectifs supplémentaires. Le trafic des ferries à Calais a été annulé dans la matinée, en raison d’une grève de la capitainerie levée à midi.

Chez les contrôleurs aériens, la grève a occasionné « des retards de 40 à 50 minutes » sur les vols intérieurs au départ des aéroports parisiens, mais c’est l’aéroport de Toulouse qui était le plus affecté par le mouvement, selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), qui avait demandé aux compagnies de réduire le nombre de leurs vols court-courrier.

Ni retrait, ni renégociation de cette réforme, selon le gouvernement

Les neuf syndicats de la fonction publique (CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC) représentant les 5,5 millions d’agents publics dénoncent une réforme à « la portée très grave », y compris pour la qualité du service rendu aux citoyens. Pour le gouvernement, au contraire, elle facilite notamment le recours aux contractuels pour rendre l’administration « plus attractive et plus réactive » face aux « nouvelles attentes » des Français.

Les syndicats ont prévenu que cette journée ne serait « qu’une étape » d’une mobilisation « dans la durée » pour « dire non » au projet de loi présenté en Conseil des ministres le 27 mars et demander au gouvernement qu’il « ouvre enfin des négociations sur de nouvelles bases ». Le secrétaire d’État Olivier Dussopt leur a opposé une fin de non-recevoir, confirmant qu’il n’y aurait ni retrait, ni renégociation de cette réforme « attendue par les agents » selon lui.

« Un passage en force » du gouvernement selon les syndicats

Le secrétariat d’Etat a fait état auprès de l’AFP de 3,3 % de grévistes dans la fonction publique territoriale (contre 6,5 % le 22 mai 2018), 4 % dans l’hospitalière (contre 7,5 %) et 11,4 % dans la fonction publique d’Etat (contre 10,3 %) avec une forte participation des enseignants, mobilisés également contre leur propre réforme à l’Education. Leur ministère a recensé de son côté 17,59 % de grévistes dans le primaire et 11,68 % dans le secondaire. Au ministère de la Culture, l’intersyndicale a recensé « jusqu’à 90 % de grévistes sur certains sites ».

L’ensemble des syndicats critiquent « un passage en force » du gouvernement, qu’ils accusent de vouloir une fonction publique alignée sur les règles du privé, au détriment du statut de fonctionnaire et de l’indépendance des agents. Le projet de loi sera au menu de l’Assemblée nationale à compter de lundi en première lecture. Le gouvernement souhaite le faire adopter avant l’été pour entrer en vigueur au 1er janvier 2020.

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