Flirtant avec un retour à la Maison Blanche, Trump retrouve les estrades

Photo d’archive de l’ancien président américain Donald Trump à Washisngton, le 7 avril 2020. — MANDEL NGAN / AFP

Il est de retour. Banni des réseaux sociaux mais toujours aussi influent chez les républicains, Donald Trump retrouve ce samedi soir un public conquis pour son premier discours depuis des mois, flirtant plus que jamais avec une nouvelle candidature à la présidentielle américaine de 2024.

L’ex-président a retrouvé son goût de la surenchère pour annoncer ce discours devant la convention des républicains de Caroline du Nord, un Etat qui a voté deux fois pour lui en 2016 et 2020 : « Il paraît que les lieux seront pleins, tous les records battus ! », a-t-il écrit dans un communiqué vendredi.

Premier grand discours public depuis février

L’événement aura lieu à Greenville, dans le sud-est des Etats-Unis, à guichets fermés, avec quelque 1.250 tickets vendus selon les organisateurs. Soit beaucoup moins que les milliers de personnes qui se pressaient lors de ses célèbres meetings de campagne, mais les attentes restent grandes pour son premier grand discours public depuis février. S’il ne l’a pas annoncé officiellement, le milliardaire âgé de 74 ans caresse ouvertement l’idée d’une nouvelle candidature en novembre 2024. Et toutes ses déclarations s’en trouvent scrutées.

Toujours très populaire chez les électeurs républicains, il est certes privé de réseaux sociaux mais il est loin de rester muet. Se posant en faiseur de rois, Donald Trump distribue, par voie de communiqués quotidiens, ses soutiens électoraux à des candidats de son parti… et ses critiques au vitriol de ses ennemis. Rares sont les républicains qui ont osé rompre avec lui, malgré le violent assaut du Capitole par ses partisans le 6 janvier et ses allégations infondées de fraudes électorales massives lors de la présidentielle de novembre 2020.

Car beaucoup le voient encore comme un atout précieux pour la campagne des élections parlementaires des « midterms » de novembre 2022, au cours desquelles les républicains espèrent reprendre le contrôle du Congrès. Une influence inédite pour un président américain pourtant vaincu au bout d’un seul mandat. Ce tribun pourrait d’ailleurs reprendre ces prochains mois les grands meetings électoraux qu’il affectionne tant.

La « prochaine fois »

Pour beaucoup de républicains, le message de campagne des « midterms » devrait se centrer sur les critiques de la politique menée par son successeur démocrate Joe Biden. Mais Donald Trump ne semble pas prêt à lâcher sa théorie, pourtant démontée maintes fois par les tribunaux, que l’élection de 2020 lui a été volée. Et il reviendra sans doute sur le sujet samedi soir. Il a aussi prévu de critiquer, selon le New York Times, le conseiller médical à la Maison Blanche, Anthony Fauci et l’administration Biden.

Près de cinq mois après avoir quitté la présidence, aujourd’hui installé dans son club de golf de Bedminster, près de New York, le milliardaire n’a toujours pas reconnu explicitement sa défaite. Et se voit bien de retour dans le Bureau ovale. Provocateur, il a ainsi lâché vendredi que « la prochaine fois » qu’il serait à la Maison Blanche, il n’inviterait pas le patron de Facebook Mark Zuckerberg à dîner, outré d’avoir été suspendu sur le réseau social pendant deux ans.

« Insulte » à ses électeurs

L’ex-président ne pourra revenir sur Facebook que quand les « risques pour la sécurité du public auront disparu », a annoncé la plateforme, qui l’avait exclu temporairement le 7 janvier dernier pour avoir encouragé ses partisans lors de la violente attaque du Capitole la veille. Une décision sans précédent. Et une « insulte » à ses plus de 74 millions d’électeurs en novembre 2020, a dénoncé le républicain, aussi banni de Twitter. Joe Biden avait quant à lui rassemblé plus de 81 millions de voix.

Accusé par la Chambre des représentants d’« incitation à l’insurrection » dans l’assaut meurtrier du Capitole, Donald Trump avait été acquitté par le Sénat en février au terme d’un second procès en destitution, faute de voix suffisantes du côté républicain.

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