Fin de vie : Un sédatif bientôt disponible pour les soins palliatifs à domicile

Du midazolam, illustration — AP/SIPA

Le midazolam, un puissant sédatif jusqu’ici réservé à un usage hospitalier, sera disponible d’ici quatre mois dans les pharmacies de ville pour les « médecins qui prennent en charge des patients en fin de vie à leur domicile », a annoncé ce lundi le ministère de la Santé.

La Haute autorité de santé (HAS) avait publié ce lundi matin une recommandation en ce sens, car si la loi autorise en théorie la « sédation profonde et continue jusqu’au décès » à domicile, les traitements utilisés pour la mettre en œuvre sont aujourd’hui très difficiles d’accès hors de l’hôpital.

Un cadre juridique à renforcer

Le midazolam injectable, un tranquillisant autorisé comme produit anesthésique et comme sédatif avant une opération, est aussi recommandé en première intention par la HAS pour mettre en œuvre cette « sédation profonde et continue », à l’hôpital comme en ville.

Mais, « dans ce dernier cas, il apparaît que la disponibilité de ces médicaments n’est pas pleinement effective et que le cadre juridique de leur dispensation mérite d’être renforcé », reconnaît le ministère dans un communiqué, après la publication de l’avis de la HAS.

Près de quatre décès sur dix à domicile

Pour permettre la dispensation du midazolam dans les pharmacies de ville, l’Agence du médicament (ANSM) « procédera à une modification de son autorisation de mise sur le marché », précise le ministère. Il entend ainsi « répondre à la demande des patients et de leurs familles de pouvoir choisir de finir leurs jours à domicile ».

Les médecins de ville prenant en charge ce type de soins devront « passer convention avec une équipe mobile ou un service hospitalier de soins palliatifs afin de garantir la collégialité de la décision ainsi que l’accompagnement et le suivi des patients », ajoute le ministère.

La construction du prochain plan de développement des soins palliatifs, évoqué par Agnès Buzyn début janvier, sera finalisée « avant la fin du premier semestre », annonce-t-il également. Près de quatre Français sur dix décèdent à domicile ou en Ehpad, selon le ministère de la Santé.

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