Festival de Cannes: Pourquoi Adèle Haenel et Noémie Merlant feraient un très beau (double) prix d’interprétation

Noémie Merlant et Adèle Haenel présentent Portrait de la jeune fille en feu le 20 mai au Festival de Cannes — Joel C Ryan/AP/SIPA

  • Adèle Haenel et Noémie Merlant vivent une brève histoire d’amour dans « Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma.
  • L’une incarne une femme peintre et l’autre son modèle dans ce film où le regard et le désir s’entremêlent.
  • Leurs prestations sont si intenses et complémentaires qu’on les verrait bien partager le prix d’interprétation féminine.

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

Leurs personnages tombent en amour l’une de l’autre dans le magnifique Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma. L’une est une artiste chargée de peindre le portrait de mariage de la seconde promise à un notable italien qu’elle ne connaît pas.

Noémie Merlant (la peintre) et Adèle Haenel (son modèle), vivent une liaison amoureuse passionnée et forcément brève dans la France du XVIIIe siècle. Leurs prestations sont si complémentaires qu’on les verrait bien partager un prix d’interprétation comme l’avaient fait Elodie Bouchez et Natacha Régnier pour La vie rêvée des anges en 1998.

Indissociables à l’écran

« Nous sommes indissociables ! », explique Adèle Haenel à 20 Minutes. Noémie Merlant plussoie. « On ne peut pas nous séparer car le film tient sur notre relation. » Il leur suffit d’un regard pour se comprendre et leur complicité était évidente tant sur les marches que pendant l’interview. « Ce film ne se conçoit pas sans notre relation, insiste Noémie Merlant. Nous avons appris à nous connaître en nous observant. » Dans le film, leurs échanges débouchent sur une aventure sensuelle. Dans la vie, elles paraissent liées par une solide amitié.

Le regard de la cinéaste

« Le film parle du regard, de la façon dont il est générateur de désirs, précise Noémie Merlant. De celui de la peintre que je joue à celui de Céline, tout est affaire de point de vue, ce qui est finalement l’essence de cinéma. » Les deux actrices, l’une complice de la réalisatrice depuis longtemps, l’autre qui travaille avec elle pour la première fois, se sont tout de suite senties liées. « Céline Sciamma et Adèle Haenel ont pris soin que je ne me sente jamais exclue. Nous avons beaucoup parlé pour construire nos personnages ensemble », raconte Noémie Merlant.

Une Palme pour trois ?

Entourant le duo, Céline Sciamma mériterait bien évidemment elle aussi d’être récompensée pour la maestria et la sensibilité de sa mise en scène et du trateent de son sujet. On pense à La vie d’Adèle et à la Palme d’or que Steven Spielberg partagea entre Abdellatif Kechiche et ses comédiennes Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux en 2013. « C’est ça ! Qu’on nous donne directement la Palme d’or », plaisante Adèle Haenel qui échange un nouveau regard avec sa complice avant d’éclater de rire. On la leur souhaite pourtant de tout cœur

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