Festival de Cannes: Bong Joon-ho «parasite» le cinéma de genre pour parler des inégalité sociales

«Parasite» de Bong Jon-ho — Les Bookmakers/The Jokers

  • Dans « Parasite », une famille pauvre se fait engager par des riches sous des fausses identités.
  • Le cinéaste coréen Bong Joon-ho entremêle les genres pour dénoncer les injustices sociales.
  • Son intrigue diabolique est l’un des atouts majeurs de ce film jouissif.

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

Bong Joon-ho revient en grande forme à Cannes pour Parasite, thriller diabolique dont l’humour très noir pourrait lui valoir un prix du scénario. Une famille pauvre y prend progressivement possession du foyer de riches en se faisant engager comme domestiques sous de fausses identités…

« Revenir à Canne sans polémique permet de se concentrer sur le film », explique le réalisateur coréen à 20 Minutes. En 2017, Bong Joon-ho avait passé son festival à se justifier d’avoir choisi Netflix pour produire et distribuer Okja. « Rien ne vaut le grand écran, reconnaît-il. Surtout pour un film de genre comme Parasite. » Rires, suspense et frissons font bon ménage dans cette œuvre qui évoque Une affaire de famille d’Hirokazu Kore-Eda, en version gore.

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Ne pas prendre les mouches avec du vinaigre

« Le cinéma de genre est une bonne façon d’attirer le public vers un sujet sérieux sans le rebuter », précise le cinéaste qui l’avait déjà démontré notamment avec The Host. Si les préoccupations des personnages sont comparables (les pauvres font ce qu’ils peuvent pour se tirer d’affaire), le cinéaste sud-coréen ne traite pas son sujet à la façon naturaliste d’un Ken Loach. « Je veux secouer le public en le divertissant avec l’action, précise-t-il. Lui donner envie de s’identifier à mes personnages par le biais d’un suspense qui, je l’espère, le fera parfois sourire. » Sa maestria pour faire évoluer ses protagonistes dans une superbe maison d’achitecte est un pur régal.

Ne (surtout) pas spoiler

Le choc entre les deux familles est générateur de scènes marquantes comme un finale en forme de ballet meurtrier. On n’en dira pas plus pour ne pas spolier. « J’appris que Quentin Tarantino avait fait passer un communiqué demandant aux festivaliers de ne pas gâcher la surprise du spectateur, remarque Bong Joon-ho. J’aurais dû en faire de même. » Il serait en effet dommage de révéler les secrets de Parasite, œuvre réjouissante qui dénonce les inégalités sociales de façon revigorant. Et dont l’intrigue brillamment menée pourrait faire craquer le jury après l’avoir fait vibrer.

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