Festival d’Angoulême : Le palmarès des Fauves consacre « Révolution », un projet de plus de mille planches

Le Fauve, mascotte du festival d’Angoulême, entouré des palmes du Grand prix — © L. Trondheim & 9eArt+

Fauve d’Or du meilleur album : « Révolution » tome 1, de Florent Grouazel et Younn Locard

(Prix qui récompense le meilleur album de l’année, sans discernement de genre, de style ou d’origine géographique)

Le premier volet de ce récit choral se focalise sur l’année 1789 et fait souffler le vent de la Révolution dans la rue. Ce projet titanesque savamment documenté a été mené à quatre mains par deux jeunes auteurs qui retracent la période révolutionnaire dans un bouillonnement graphique resplendissant, inspiré par l’imagerie de l’époque.

L’avis de 20 Minutes : Raconter la Révolution française de 1789 en un peu plus 1000 pages est un projet hyper ambitieux, surtout de la part d’aussi jeunes auteurs (le breton Florent Grouazel a 32 ans et le normand Younn Locard en a 35). La valeur n’attendant pas le nombre des années, le premier volume de « Révolution » est une réussite totale, à la narration dynamique et captivante (et chorale, puiqu’on y assiste aux événements à travers le regard de trois personnages) et aux graphismes criants de réalisme. Hyper documentée, exigeante, leur œuvre a fait, depuis sa sortie, une quasi-unanimité critique et publique. Chez 20 Minutes, on a tellement apprécié qu’on considère que rarement Fauve d’Or du meilleur album aura été aussi indiscutable.

Révolution tome 1, de F. Grouazel & Y. Locard – éditions Actes Sud / L’An 2 – 26 euros

Fauve Prix spécial du Jury : « Clyde Fans », de Seth

(Prix remis à une œuvre qui a particulièrement marqué le jury par sa narration, son esthétique et/ou les thèmes abordés)

Fruit d’un travail commencé voilà vingt ans, « Clyde Fans » raconte l’histoire de deux frères qui ont hérité de l’entreprise de leur père après que celui-ci les a abandonnés. Le Canadien Seth, dont le graphisme tout en élégance est empreint d’une petite pointe de nostalgie, n’a pas son pareil pour raconter des histoires intimes qui touchent à l’universel de la condition humaine.

Clyde Fans, de Seth – éditions Delcourt – 49,90 euros
 

Fauve Révélation : « Lucarne », de Joe Kessler

(Prix décerné à l’album d’un auteur ou d’une autrice en début de carrière ayant publié professionnellement trois livres au maximum)

Ces cinq histoires courtes imprégnées de couleurs fortes traduisent les sensations les plus intimes des personnages. Une expérience graphique et narrative singulière, signée par le directeur artistique de l’éditeur anglais Breakdown Press, pour dire la peur, le plaisir ou les odeurs, soutenue par une narration hypnotique et une vision originale du monde.

Lucarne, de J. Kessler – éditions L’Association 20 euros

Fauve de la série : « Dans l’abîme du temps », de Gou Tanabe

(Prix qui met à l’honneur une œuvre en quatre volumes ou plus, quel que soit le nombre de tomes au total)

Après Les Montagnes hallucinées, Gou Tanabe poursuit son adaptation des romans du maître de l’horreur, H.P. Lovecraft. Quittant l’Antarctique pour le désert australien, d’un trait noir au réalisme oppressant, le mangaka dessine l’indicible et donne corps à ce chef-d’œuvre SF cauchemardesque qui combine un voyage dans le temps et un terrifiant transfert de personnalité.

Dans l’abîme du temps, de Gou Tanabe (d’après H. P. Lovecraft) – éditions Ki-Oon – 17 euros

Fauve de l’Audace : « Acte de Dieu », de Giacomo Nanni

(Prix qui récompense l’expérimentation et l’innovation formelle à travers un album au style graphique inventif et novateur, utilisant toutes les possibilités de la bande dessinée pour mieux en bousculer les frontières)

Le 24 août 2016, en Italie, un séisme causait la mort de 298 personnes et faisait près de 400 blessés. Giacomo Nanni piège l’instant dans un récit choral qui fait parler la montagne, s’attarde sur un chevreuil égaré devant un supermarché et traque la licorne dans le viseur de deux chasseurs. Son ode panthéiste confronte l’homme à la nature et la création au chaos, dans un magma graphique pointilliste et médusant.

Acte de Dieu, de G. Nanni– éditions Ici même – 19,50 euros

Fauve Patrimoine : « La main verte et autres récits», de Nicole Claveloux et Édith Zha

(Prix récompensant une œuvre qui fait partie de l’histoire mondiale du 9e art et dont l’édition, la réédition ou l’intégrale propose un travail éditorial particulièrement soigné)

Premier volume d’une anthologie consacrée à Nicole Claveloux, peintre, illustratrice jeunesse et dessinatrice de bande dessinée, passée par les magazines Métal Hurlant et Ah! Nana. Recueil d’histoires poétiques rehaussées de couleurs flamboyantes, « La Main verte » décrit un monde absurde et drôle dans lequel la réalité joue à cache-cache avec la raison.

À noter que Nicole Claveloux a reçu un Fauve d’honneur lors de la cérémonie officielle de remise des Fauves,  samedi 1er février 2020.

La main verte et autres récits, de N. Claveloux & E. Zha – éditions Cornelius 23,50 euros
 

Fauve Prix du public France TV : « Saison des roses », de Chloé Wary

(Prix décerné par un jury de neuf spectateurs de France Télévision)

Barbara passe le bac. Elle habite avec sa mère dans la banlieue ordinaire de Rosigny-sous-Bois et ne vit que pour son club de football. Mais cette année, les dirigeants ont décidé de favoriser l’équipe masculine, empêchant l’inscription des joueuses au championnat. Avec ses feutres, Chloé Wary met ses couleurs vives au service du récit, pour saluer l’engagement de l’équipe sur le terrain collectif du foot et de la lutte féministe.

Saison des roses, de Chloé Wary – éditions Flblb – 23 euros

Fauve Polar SNCF : « No Direction », d’Emmanuel Moynot

(Prix décerné par un jury de personnalités)

Dans ce road movie de papier en forme de récit choral, Moynot suit deux tueurs en série dans leur course folle à travers l’Amérique, à la manière d’un cinéaste filmant caméra à l’épaule. Epopée sanglante et sans espoir, vouée à l’échec et à la violence, « No Direction » est une comédie humaine en vingt chapitres qui cueillent le lecteur à l’estomac comme autant de coups de poing.

No Direction, d‘Emmanuel Moynot – éditions Sarbacane – 24 euros

Fauve de la BD alternative : « Komikaze » (collectif – Croatie)

(Prix récompense la meilleure publication non professionnelle, choisie parmi une trentaine de productions non professionnelles et provenant de toute origine géographique)

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