Féminicides: Les proches de 34 victimes proposent des mesures avant le Grenelle des violences conjugales

Manifestation contre les féminicides et les violences contre les femmes à Paris, le 6 juillet 2019. — Jacques Witt/SIPA

Formation des policiers, création de foyers spécialisés ou de tribunaux spécifiques, inscription dans le Code pénal… Dans une tribune publiée ce vendredi sur le site de Franceinfo, les familles et proches de 34 victimes tuées par leur conjoint ou ex-compagnon appellent à « des mesures concrètes et rapides » contre les féminicides. « Il reste tant de femmes à sauver », écrivent-ils, alors  qu’une femme est tuée tous les deux jours en France.

« Aujourd’hui, nous prenons la parole et demandons au gouvernement d’être reçues lors du Grenelle des violences conjugales » qui se tiendra à partir du 3 septembre, déclarent les 52 signataires de cette tribune. Les auteurs énumèrent plusieurs propositions de mesures, à commencer par « l’inscription du terme « féminicide » dans le Code pénal, en tant que crime machiste et systémique » et « la mise en place de sanctions pour les membres de forces de l’ordre qui manquent à leur devoir » en ne prenant pas des plaintes de femmes victimes de violences conjugales.

Un foyer pour les auteurs de violences

Les auteurs de la tribune recommandent la mise en place de formations spécifiques pour les policiers et gendarmes. « Il faudrait également que la gendarmerie et la police échangent bien plus avec les associations sur ces questions. (…) Nous rappelons qu’il est extrêmement difficile pour ces femmes de se rendre dans un commissariat », écrivent-ils.

Parmi les préconisations figurent également « l’ouverture immédiate d’une procédure lorsqu’un témoin vient signaler qu’une femme subit des violences » et « la création de foyers destinés » aux auteurs de violences conjugales « où ils pourraient suivre des thérapies », car « c’est aux hommes violents de quitter le domicile conjugal et non à leurs victimes ». La tribune cite l’exemple de l’Espagne, où des tribunaux spécifiquement dédiés aux violences conjugales ont été créés. « Pourquoi ne pas s’en inspirer ? », demandent les auteurs.

« C’est la société tout entière qu’il faut mobiliser sur ce sujet », conclut la tribune. « L’éducation nationale doit prendre sa part » et « les médias ont aussi un rôle pédagogique à jouer ». Le collectif « Féminicides par compagnon ou ex » a recensé 77 féminicides depuis le 1er janvier 2019. En 2018, 121 femmes ont été tuées lors de violences au sein du couple.

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