Féminicide de Mérignac : Six policiers convoqués devant le conseil de discipline

Ils vont devoir s’expliquer dans le dossier du meurtre de Chahinez à Mérignac. Six policiers sont convoqués devant deux conseils de discipline distincts à Bordeaux et à Paris ce mardi, dans le cadre de la procédure administrative ayant suivi le féminicide. Le 4 mai 2021, un homme avait brûlé vive sa femme en pleine rue.

Quatre officiers et commissaires, dont le Directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) en Gironde Martin Levrel et le commissaire de Mérignac, sont convoqués à Paris tandis que deux brigadiers le sont à Bordeaux.

« Suite de défaillances et de négligences »

Il est reproché à ces deux brigadiers, un homme et une femme, « des manquements administratifs », avait expliqué en décembre Eric Marrocq, secrétaire régional Alliance, qui assure que « l’étude du dossier en commission de discipline permettra de lever les doutes quant à leur impartialité et leur professionnalisme ».

Un rapport de l’IGPN, après une mission d’inspection lancée et menée par l’Inspection générale de l’administration et l’Inspection générale de la justice, avait mis en lumière « une suite de défaillances et de négligences des services de police n’ayant pas permis d’empêcher le meurtre de Chahinez Daoud ».

Un policier condamné et radié

Le 4 mai, dans cette ville de la banlieue de Bordeaux, Chahinez Daoud avait été blessée par balle avant d’être immolée par le feu dans la rue par son mari violent dont elle était séparée. La victime avait déposé une plainte au commissariat de Mérignac le 15 mars 2021, soit moins de deux mois avant le drame, pour des violences de son mari.

Le Canard Enchaîné avait révélé que le policier de Mérignac qui avait pris cette plainte avait été condamné le 10 février à huit mois de prison avec sursis probatoire par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour « violences habituelles sur son ex-conjointe ». Un conseil de discipline s’était réuni en septembre à Bordeaux pour examiner son cas.

Selon des sources syndicales, le fait que ce gardien de la paix a été privé par le tribunal de son droit d’éligibilité pendant un an a conduit à sa radiation de la police nationale.