Face au trou d’air du secteur aérien, comment l’Etat compte-il aider la filière aéronautique pour éviter le crash ?

Un avion A350 lors d’une démonstration en vol. — Pavel Golovkin/AP/SIPA

Air France qui abandonne l’exploitation de ses A380 en pleine crise du coronavirus la semaine dernière, easyJet qui annonce la suppression d’un tiers des effectifs mercredi. Les semaines se suivent et se ressemblent dans le secteur aérien, touché de plein fouet par les conséquences de la crise sanitaire. Pour éviter un crash de la filière aéronautique, et « des dommages trop profonds », le patron d’Airbus a réclamé de toute urgence la réouverture des frontières aériennes.

Mais au-delà de la reprise du trafic, son secteur a urgemment besoin d’un plan de relance, tout comme le secteur automobile qui vient de bénéficier d’un plan de soutien de 8 milliards d’euros.

Bientôt un fonds d’investissement pour les sociétés en difficulté ?

Selon plusieurs sources concordantes, le gouvernement s’apprêterait à annoncer d’ici le 1er juillet, la création d’un fonds d’investissement pour les entreprises en difficulté, un volet innovation et une accélération de certaines commandes militaires. En cours d’élaboration, il doit permettre de compenser les commandes annulées et reportées auprès notamment d’Airbus, le constructeur européen, qui dans son sillage, fait vivre des milliers de sous-traitants sur le territoire national.

Ces derniers emploient près de 200.000 personnes en France, souvent au sein de PME ou d’entreprises de taille intermédiaire à la trésorerie fragile. Airbus a de son côté 48.000 salariés en France. Face au trou d’air, le concurrent de Boeing a déjà annoncé une baisse d’environ un tiers de sa production d’avions commerciaux, entraînant des baisses de charge chez ses sous-traitants. Certaines sources ont fait état de mesures de restructuration, non confirmées officiellement, même si un porte-parole de la direction a indiqué à 20 Minutes qu’elle « continuera à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l’avenir d’Airbus en coopération avec ses partenaires sociaux ».

Outre les mesures déjà mises en place depuis le début de la crise, comme les prêts garantis et le chômage partiel, ce plan comprendra un fonds d’investissement et de recapitalisation doté de « plusieurs centaines de millions d’euros », selon le ministère des Armées. Il devrait réunir l’Etat via la banque publique d’investissement Bpifrance, les grands industriels du secteur comme Airbus, Safran ou Thales, et des fonds d’investissement comme ACE Management présidé par l’ancien directeur de la stratégie de l’avionneur européen, Marwan Lahoud.

Du vert et du militaire

Un second volet du plan portera sur l’innovation. « Le bras armé dans l’aéronautique pour aller vers un avion plus vert, c’est le Corac », le Conseil pour la recherche aéronautique civile qui regroupe tous les acteurs du secteur, a observé une source proche du dossier.

Et un troisième volet passera par le biais de la Défense, de nombreuses entreprises ayant à la fois une activité « duale », civile et militaire. Une équipe d’une cinquantaine de personnes pilotée par l’ex-numéro de la Direction générale de l’armement, Vincent Imbert, effectue une « cartographie » d’environ 1.500 entreprises, considérées comme les plus critiques pour la défense française afin de déterminer le soutien dont elles pourraient avoir besoin. Elles pourraient bénéficier de la commande publique qui dispose d’un budget d’environ 12 milliards d’euros annuel pour les équipements militaires.

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