Explosion à Lyon: Le principal suspect avait fait une demande de visa étudiant qui lui avait été refusée

Lyon, à l’endroit de l’explosion — JEFF PACHOUD / AFP

  • Mohamed Hichem M., principal suspect dans l’explosion de Lyon, a rejoint sa famille en France en 2017 où il a fait une demande de visa pour rentrer dans une école d’informatique, demande qui lui a été refusée. Il était depuis sans-papiers.
  • Ses motivations restent obscures : il n’est ni connu des services de police, ni fiché pour radicalisation.
  • Des traces d’ADN correspondant à celle du suspect ont été retrouvées sur le sac en kraft dans lequel se trouvait l’engin explosif.

Placé en garde à vue, Mohamed Hichem M. se montre assez peu loquace. Pourtant, il fait peu de doute pour les enquêteurs de la direction centrale de police judiciaire et de la DGSI que cet Algérien de 24 ans, interpellé lundi matin alors qu’il descendait d’un bus, est bien l’homme filmé par les caméras de la ville, vendredi dernier, déposant un colis piégé devant une boulangerie lyonnaise, dont l’ explosion a blessé 13 personnes. Des traces d’ADN ont été retrouvées sur le sac en kraft dans lequel se trouvait l’engin contenant du TATP. Et cet  ADN correspond à celui du suspect, apprend 20 Minutes de sources policières.

Le suspect a « fait de nombreux achats en particulier sur Internet » pour fabriquer la bombe artisanale, a indiqué sur CNews le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Notamment des litres d’eau oxygénée, d’acétone et des piles. Lors de la perquisition du domicile de ses parents à Oullins (Rhône), les enquêteurs ont justement retrouvé certains des produits pouvant servir à fabriquer du TATP ainsi qu’une petite quantité de cette matière dans une poubelle à proximité. Ils ont également retrouvé un sac en papier kraft identique à celui utilisé pour l’attaque ainsi qu’un vélo ressemblant à celui utilisé par le suspect lorsqu’il a été filmé. Enfin, du matériel informatique a été saisi afin d’être analysé. 

La piste d’un attentat islamiste

Quant à ses motivations, elles restent obscures. Mohamed Hichem M. n’est ni connu des services de police, ni fiché pour radicalisation. L’explosion n’a pas non plus été revendiquée par une organisation terroriste. Pour autant, la piste d’un attentat islamiste constitue « une hypothèse forte sur laquelle nous allons orienter une partie des investigations », explique à 20 Minutes une autre source bien informée. Ses parents et son jeune frère ont eux aussi été placés en garde à vue. Ses deux sœurs sont entendues dans le cadre d’une audition libre, l’une parce qu’elle est mineure, l’autre car elle n’habite plus au domicile familial.

Les quatre gardes à vue sont toujours en cours ce mardi soir. Les enquêteurs veulent savoir si des proches de Mohamed Hichem M. « ont des informations ou ont eu des doutes » concernant un éventuel passage à l’acte, fait savoir une source policière. Elles leur permettront aussi de mieux connaitre le suspect. Né en 1995, il a obtenu une licence à Oran, indique ce dernier sur son profil Linkedin. Il se présente comme développeur spécialisé dans la création de sites Internet. Ailleurs sur le web, il propose des formations payantes pour apprendre à coder.

En situation irrégulière

Mohamed Hichem M. a rejoint sa famille en France en 2017 grâce à un visa provisoire. « Il a fait ensuite une demande de visa pour rentrer dans une école » d’informatique, en l’occurrence Epitech, a ajouté le ministre de l’Intérieur. Mais selon la direction de l’établissement, contactée par 20 Minutes, sa demande de visa n’a pas été acceptée et il a annulé son inscription. Depuis, Mohamed Hichem M. se trouve en situation irrégulière sur le territoire, nous indique une source judiciaire, confirmant une information du Parisien. Sa garde à vue peut durer jusqu’à vendredi.

Justice

Explosion à Lyon: La colère froide du procureur de Paris après la divulgation d’informations

Faits divers

VIDEO. Explosion à Lyon: L’ADN retrouvé sur le colis piégé correspond à celui du principal suspect

716 partages