«Excès de lenteur : peut-on être verbalisé pour conduite trop lente ?»
Il n’existe pas d’antonyme pour l’expression « excès de vitesse » selon les recherches effectuées. En France, un conducteur ne doit pas gêner la marche normale des autres véhicules en circulant à une vitesse anormalement réduite, comme stipulé dans l’article R413-19 du Code de la route.
Quel est l’antonyme de l’excès de vitesse ? Malgré des recherches, aucun terme n’a été trouvé. Pourtant, tous les conducteurs ont déjà croisé des véhicules roulant très lentement. Il s’agit bien sûr de tracteurs, de voitures sans permis ou de camions poubelles, derrière lesquels la frustration peut être grande. Mais ce ne sont pas les seuls. En France, comme ailleurs, certains automobilistes choisissent de conduire à une allure extrêmement lente. Est-ce légal ? Oui, dans la plupart des cas, même s’il existe quelques exceptions. Si votre question est « peut-on recevoir une amende pour rouler trop lentement ? », la réponse est oui, mais uniquement dans certaines circonstances.
La voie de gauche de l’autoroute, la seule exception
Cette infraction est mentionnée dans le Code de la route. L’article R413-19 stipule : « Aucun conducteur ne doit gêner la marche normale des autres véhicules en circulant sans raison valable à une vitesse anormalement réduite. » En cas de non-respect, une contravention de deuxième classe d’un montant de 35 euros peut être appliquée. Cependant, évaluer ce qu’est une « vitesse anormalement réduite » peut être délicat.
Le texte ne fixe aucune vitesse minimale, à l’exception de l’autoroute. « Lorsque la circulation est fluide et que les conditions atmosphériques permettent une visibilité et une adhérence suffisantes, les conducteurs utilisant la voie la plus à gauche de l’autoroute ne peuvent circuler à une vitesse inférieure à 80 km/h. » Cela représente déjà un écart conséquent de 50 km/h par rapport à la vitesse autorisée. « C’est un cas très rare, car il est nécessairement constaté sur le moment, après l’interpellation par les forces de l’ordre », explique l’avocat spécialisé en droit routier, Me Adrien Pujol. Il est à noter qu’aucun radar ne contrôlera une vitesse jugée trop faible.
Il y a pourtant quelques cas
L’année dernière, la police a bien verbalisé une femme pour avoir roulé trop lentement. Mais cela s’est passé en Suisse, où elle a écopé d’une amende élevée, s’élevant à 2.600 euros, pour avoir causé un impressionnant embouteillage sur une route de montagne. La femme de 65 ans, transportant des chevaux, était suivie de 175 véhicules. En Isère, un automobiliste a été « intercepté » à 30 km/h sur l’autoroute, mais il avait un taux d’alcool de plus de 2 grammes par litre de sang.
Lors d’une audience au tribunal de Saint-Brieuc, la question de la lenteur extrême d’un véhicule a également été soulevée. Deux religieuses âgées avaient perdu la vie après avoir été percutées par l’arrière. L’expertise a révélé que la conductrice roulait « à moins de 15 km/h » sur une portion limitée à 110 km/h, sans que les raisons ne soient éclaircies.
L’infraction reste très rare, mais…
Contactée, la police indique ne pas disposer de chiffres pour quantifier cette infraction. « C’est sporadique. En France, le problème principal concerne les excès de vitesse », déclare avec un sourire Me Aurélie Boukorras, avocate spécialisée en délits routiers. « Il existe un principe général de vitesse anormalement réduite. Si l’on roule trop lentement, on met en danger sa propre sécurité et celle des autres. Il est vrai qu’il y a un petit vide juridique pour définir ce qui constitue une vitesse trop lente », ajoute l’avocate basée à Toulon.

Au cours de sa carrière, elle a défendu une seule fois des personnes verbalisées pour cette raison. « C’était lors d’un mariage, où certains participants avaient organisé une opération escargot. Cependant, ils n’avaient pas été verbalisés pour cela mais pour être sortis de leur véhicule et pour des refus de priorité ».
Vous pouvez signaler un conducteur « inapte »
Dans la plupart des cas, les conducteurs roulant anormalement lentement sont des personnes âgées. Sachez qu’il existe en France un moyen de signaler une personne dont « l’état de santé n’est pas compatible avec la conduite ». Il faut pour cela adresser un courrier ou un mail motivé à votre préfet, indiquant pourquoi cette personne n’est plus apte à conduire. Un acte « pour la sécurité des autres et la sienne », souligne la Sécurité routière.
Voiture sans permis, oui, mais pour qui ?
Nous connaissons tous les voitures sans permis. Avec l’arrivée de la petite Citroën Ami, leur nombre a explosé, en particulier entre les mains d’adolescents parfois âgés de seulement 14 ans. En cinq ans, le nombre de voiturettes a plus que doublé en France. Limités à 45 km/h, ces petits véhicules ne sont pas interdits sur les routes où la vitesse est limitée à 80 ou 90 km/h, mais uniquement sur les voies rapides et les autoroutes, une infraction qui peut entraîner une amende allant jusqu’à 1.500 euros.
La conduite de ces véhicules n’est pas sans danger. En 2025, 40 personnes ont perdu la vie en circulant en voiturette, un chiffre doublé en cinq ans. Dans 68 % des cas, ces accidents se produisent hors agglomération, où la différence de vitesse est significative. Une pétition a même été lancée pour demander leur interdiction, sans grand succès.
À noter que la plupart des personnes ayant perdu leur permis de conduire peuvent se tourner vers un modèle sans permis. Cela ne fera pas d’elles de meilleures conductrices, mais cela contiendra leur vitesse. Seul un juge peut prononcer une interdiction totale de conduire « tout véhicule à moteur terrestre ».

