Eurobasket : « J’ai rarement été aussi abattu »… Les Bleus encore très marqués après la défaite en finale

C’était un peu le thème de la journée. Alors que le Royaume-Uni rendait un dernier hommage à la reine d’Angleterre, ce lundi à l’occasion de ses funérailles, l’équipe de France de basket est rentrée au pays avec une petite tête d’enterrement. Rien à voir avec Elizabeth II, mais la déception, encore très présente, de la défaite en finale de l’Euro, dimanche à Berlin, face à l’Espagne (88-76).

A quelques pas des prestigieux hôtels George V et Prince de Galles, comme par hasard, les Bleus se sont rendus à la boutique Nike des Champs-Elysées, à Paris. Pas pour rencontrer leurs supporteurs, qui n’en savaient rien, mais pour une conférence de presse organisée chez l’un des partenaires de la FFBB, pour dresser le bilan de la compétition, après cette nouvelle médaille, la dixième, acquise à l’Euro.

« On ne peut pas faire semblant d’être contents »

Si quelques sourires, quelques chambrages sont venus ponctuer l’arrivée des Bleus, les visages se sont fermés une fois rentrés dans le vif du sujet. Et la déception est encore bien présente. « Le match d’hier [dimanche] fait vraiment mal, confiait Evan Fournier. Autant on a vraiment apprécié notre médaille d’argent l’année dernière, aux JO. Là, ça a une saveur un peu différente. Se quitter après une défaite, c’est vraiment dur. » « On ne peut pas faire semblant d’être contents, relevait Rudy Gobert. C’est dur de passer à côté de cette opportunité. »

La voix encore éraillée, Vincent Collet, lui aussi, avait du mal à digérer cet épilogue : « J’ai rarement été aussi abattu après un match de l’équipe de France. On avait de grandes espérances. Mais l’Espagne a fait son meilleur match du tournoi, pas nous. Ils n’avaient jamais joué à ce niveau, ont réalisé un match exceptionnel, et ce n’est pas évident pour moi de le dire. C’est compliqué, mais ça fait partie du sport. »

Cela a beau faire partie du sport, le sélectionneur des Bleus, qui espère néanmoins que cette défaite servira à ses hommes pour rebondir, avait encore en travers de la gorge certains moments du match, comme ce quatrième quart-temps, où les Bleus revenus à 7 points « ont perdu sept ou huit balles de poussin. Les poussins font ces mêmes pertes de balle. Et on a concédé cinq rebonds offensifs. Quand ça, ça arrive en finale, c’est dur de gagner… »

Une nuit compliquée après la finale

Poussin, Terry Tarpey ne l’est pas. Mais le Manceau, appelé surprise de cette sélection, a réalisé une compétition de haute lutte. Et on aurait pu penser qu’il aurait eu un peu plus la banane que ses copains pour sa première grande compétition avec les Bleus. Que nenni. « Moi, je suis perfectionniste, et un bon résultat, ça aurait été une médaille d’or. C’est une déception, car on était très proches, regrette l’arrière du Mans au fort accent américain. Après, peut-être que je réaliserais, dans les prochaines semaines, qu’on a fait un bon tournoi. Mais, là, c’est difficile d’être content avec une médaille d’argent. »

On a quand même tenté de rappeler les miracles face aux Turques et aux Italiens, ses grosses performances, ses deux médailles en autant de compétitions, rien n’y a fait : Guerschon Yabusele a lui aussi le moral en berne. « Moi, je perds en finale, je suis déçu, de A à Z. On a tout bien fait jusqu’en finale. J’ai pas dormi après le match et je n’étais pas le seul. C’est compliqué de terminer comme ça. » L’ours volant est déjà focus vers l’avenir : la Super Coupe avec le Real Madrid, samedi, où il devrait être de la partie.

L’avenir, justement, c’est ce sur quoi a insisté Jean-Pierre Siutat, le président de la Fédération française de basket, lors de sa prise de parole : « On peut être fiers de ce résultat et optimistes pour la suite. On est à deux ans des JO de Paris, où on a de très grandes ambitions. Ce qu’on a vu sur ce tournoi nous rassure, alors qu’il manquait des joueurs cadres. Des garçons se sont révélés, c’est positif pour l’avenir. Donc je resterai sur un vrai message positif pour le basket français. » Attention, quand même, à ce que la défaite encourageante ne devienne pas une habitude. D’autres ont essayé, ils ont eu des problèmes.