EU Most Wanted : Qui est Joël Soudron, le fugitif français le plus recherché d’Europe ?

Son nom ne vous dit probablement rien. Mais Joël Soudron a été désigné par la police française en décembre comme son fugitif le plus recherché dans le cadre de la traditionnelle campagne «Most Wanted » d’Europol. Originaire de la Guadeloupe, ce Français de 42 ans est « un trafiquant international de stupéfiants de très haut vol », résume auprès de 20 Minutes un responsable de la BNRF (brigade nationale de recherche des fugitifs), un service de la police judiciaire lancé à ses trousses depuis septembre 2018. Condamné à six ans de prison en 2004, il est aussi suspecté d’être impliqué dans un vaste trafic d’importation de cocaïne en France depuis les Antilles.

Les policiers l’ont dans leur collimateur depuis 2011. A l’époque, les douanes découvrent dans un conteneur arrivé au Havre 230 kilos de poudre blanche expédiés depuis la Guadeloupe. Saisie des faits, l’Octris [Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants] – devenu depuis l’Ofast [Office anti-stupéfiants] – met à jour le réseau de trafiquants qui a organisé l’envoi de la drogue, qui l’a réceptionnée et déchargée une fois arrivée en métropole. Lors d’une perquisition, ils mettent la main sur 278 kilos de cocaïne supplémentaires et un peu plus de 280.000 euros en liquide.

Permission de sortie

L’organisateur de ce trafic est identifié. Les enquêteurs soupçonnent Joël Soudron d’avoir orchestré une trentaine d’expéditions de cocaïne entre 2005 et 2011. « Il est extrêmement mobile, résume un policier de la BNRF. Il navigue beaucoup entre les Antilles françaises, les Antilles britanniques, l’Afrique francophone et l’Europe en utilisant diverses identités. » Il est finalement interpellé en février 2016 alors qu’il se trouvait à Bamako, au Mali. Remis aux autorités françaises, il est alors incarcéré pour exécuter une peine de six ans prison prononcée en 2004 par le tribunal de Créteil (Val-de-Marne) qui le jugeait dans une autre affaire de trafic de stupéfiants.

En septembre 2018, alors qu’un juge d’instruction s’apprête à le mettre en examen dans l’affaire de la cocaïne saisie au Havre, il bénéficie d’une permission de sortie. Redoutant probablement d’être une nouvelle fois lourdement condamné, il ne réintègre pas le centre pénitentiaire de Réau. Depuis, il est activement recherché par la police judiciaire. « Il est difficile à localiser, souligne ce policier de la BNRF. Il a un profil assez atypique : il est très discret, contrairement à d’autres trafiquants du même calibre, il ne cherche pas à être dans l’ostentation ou à mettre en scène sa domination sur le trafic. »

De nombreux relais en Afrique

Les policiers de la BNRF le soupçonnent de se trouver en Afrique, au Sénégal ou en Guinée, où Joël Soudron a investi dans de nombreuses entreprises légales, dans le BTP ou l’immobilier, et où il bénéficie de relais importants. Ils espèrent que des renseignements, qui peuvent être transmis anonymement via le site d’Europol, leur permettront de le retrouver et de l’arrêter.

En janvier dernier, ils avaient mis un terme à la cavale de François di Pasquali, un Franco-italien de 48 ans qui avait été condamné pour le viol d’une octogénaire à Saint-Etienne (Loire) en 2009. Des informations leur avaient justement permis de localiser près de Barcelone en Espagne cet homme lui aussi mis à l’honneur dans le cadre de la campagne « Most Wanted » d’Europol.