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Etats-Unis : Trump mentionne Pearl Harbor avec la Première ministre japonaise

Lors d’une rencontre à la Maison-Blanche, Donald Trump a demandé à Sanae Takaichi, Première ministre japonaise, pourquoi elle ne lui avait pas parlé de Pearl Harbor. Le Japon a annoncé qu’une société commune américano-japonaise investirait jusqu’à 40 milliards de dollars dans la construction de petits réacteurs nucléaires aux États-Unis.


Lors d’une rencontre à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump a suscité une réaction inattendue de la part de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi en abordant le déclenchement de la guerre en Iran. Interrogé par un journaliste japonais sur l’absence de communication aux alliés, notamment le Japon, Trump a déclaré qu’il voulait garder l’élément de surprise, citant le Japon en disant : « Qui connaît mieux les surprises que le Japon ? Pourquoi ne m’as-tu pas parlé de Pearl Harbor ? »

Cette référence à l’attaque japonaise de Pearl Harbor, qui avait entraîné l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale en décembre 1941, a fait grimacer Takaichi, qui semblait mal à l’aise lors de cette réunion.

La rencontre a également fait écho à une précédente entre Trump et le chancelier allemand Friedrich Merz, où Trump avait qualifié le débarquement de juin 1944 d’une « très mauvaise journée » pour l’Allemagne, à quoi Merz avait répondu que cela avait déclenché la fin du régime nazi.

Malgré cette référence historique délicate et la prudence de Tokyo face à l’implication américaine en Iran, Takaichi a maintenu de bonnes relations avec Trump. Ce dernier a exprimé son admiration pour elle, la qualifiant de « femme formidable » et a noté la volonté du Japon d’aider à sécuriser le transport maritime dans le Golfe. Trump a affirmé que le Japon « monte vraiment au créneau », sans pour autant préciser les engagements de Takaichi, qui avait déjà évoqué les contraintes légales de son pays en matière militaire, la Constitution japonaise interdisant la guerre.

Au début de la réunion, un moment chaleureux s’est installé avec une accolade entre Trump et Takaichi. Bien que la Première ministre ait reconnu la nécessité d’agir face aux actions de l’Iran, elle n’a pas promis d’envoyer des forces militaires pour rouvrir le détroit d’Ormuz, crucial pour la sécurité énergétique japonaise, avec environ 70 % des approvisionnements pétroliers du Japon transitant par cette voie.

Trump a récemment appelé ses alliés, y compris le Japon et la Chine, à contribuer à rouvrir le détroit d’Ormuz, un point stratégique par lequel passe un cinquième de la production mondiale de pétrole. L’absence de soutien de la majorité des pays alliés a provoqué la colère de Trump. Depuis, le Japon a annoncé son intention de collaborer avec plusieurs pays européens pour sécuriser le détroit une fois les hostilités terminées.

Takaichi a également averti que l’« environnement sécuritaire devenait de plus en plus difficile » en Asie-Pacifique, alors que les relations entre le Japon et la Chine se sont récemment tendues. Sur le plan économique, les États-Unis et le Japon ont annoncé une collaboration pour investir jusqu’à 40 milliards de dollars dans des petits réacteurs nucléaires aux États-Unis, ainsi qu’un partenariat de 33 milliards de dollars pour développer des sites d’exploitation de gaz naturel.