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Etats-Unis : Qui sont les « Arctic Angels », soldats du froid en alerte ?

Le Pentagone a mis en alerte 1.500 soldats qui pourraient intervenir à Minneapolis, dans le Minnesota, en vertu de « l’Insurrection Act » que Donald Trump menace de déclencher. La division regroupe environ 10.000 hommes et est aérotransportable, leur matériel étant relativement léger pour un déploiement en quelques heures.


Où vont-ils être déployés ? La question est sur toutes les lèvres alors que le Pentagone a mis en alerte 1 500 soldats pouvant intervenir prochainement à Minneapolis, dans le Minnesota, en vertu de « l’Insurrection Act » que Donald Trump envisage de déclencher. La ville connaît des tensions élevées après la mort d’une Américaine de 37 ans, tuée par un agent de la police de l’immigration (ICE) lors d’une opération musclée menée par les autorités.

Ces deux bataillons mis en état d’alerte font partie de la 11e division aéroportée, basée en Alaska et surnommée les « Arctic Angels ». Cette division a été créée en 1943, selon le site Internet de l’armée américaine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est déployée dans le Pacifique, notamment aux Philippines, puis au Japon et en Corée lors de la guerre de Corée, avant d’être dissoute en 1965.

Elle a finalement été réactivée en 2022 pour devenir le nouveau nom des troupes de l’US Army Alaska, actives depuis 1994. « J’attends de chaque soldat de cette division qu’il maîtrise parfaitement son art, la guerre en Arctique », déclare alors le général James McConnville, chef d’état-major de l’armée de terre à cette époque. Les « Arctic Angels » sont placés sous l’autorité du Commandement de l’Alaska (ALCOM). Leur devise est : « Résistants à l’Arctique », et leur quartier général se trouve sur la base interarmées Elmendorf-Richardson, à Anchorage, en Alaska.

« Cette unité stationnée a une spécificité très précise : elle fait partie des quelques unités entraînées à combattre et vivre en milieu Arctique, un milieu extrême voire hostile », analyse Guillaume Ancel, ancien officier et auteur du blog *Ne pas subir*. « C’est un peu l’équivalent des troupes alpines en France. »

Les soldats reçoivent ainsi une formation pour évoluer « dans des conditions climatiques extrêmement froides et en terrain montagneux », précise le site de la 11e division aéroportée. Sur plusieurs de leurs réseaux sociaux, on peut voir des soldats sauter en parachute dans la neige ou effectuer des exercices de tir de précision dans le froid, sur un sol glacé.

La division regroupe environ 10 000 hommes, selon l’estimation de l’ancien officier. « Ils sont aérotransportables, précise-t-il. C’est-à-dire qu’ils n’ont que du matériel relativement léger qui leur permet d’être transportés par avion et de se déployer en quelques heures. »

Les observateurs s’interrogent : ces soldats spécialisés dans les combats à basse température sont-ils réellement destinés au Minnesota, où les températures se situent actuellement entre -20 et -30 degrés ? La volonté réaffirmée de Donald Trump d’acquérir le Groenland suscite des craintes concernant une tout autre destination. « J’ai averti à plusieurs reprises cette année que l’alerte de cette unité spécifique en vue de son déploiement est un indicateur très fiable et sans ambiguïté d’une invasion du Groenland », a alerté l’ancien officier de renseignement de l’US Navy, Malcolm Nance.

Pour Guillaume Ancel, cette mise en alerte vise un objectif clair. « La mobilisation d’unités militaires aptes à se déployer en Arctique est un signe de pression militaire évident », assure l’expert, qui y voit également une opération de « diversion » de la part du président américain en raison de son incapacité à gérer la guerre en Ukraine et la situation politique intérieure tendue aux États-Unis.