Etats-Unis : Première exécution fédérale d’une femme en près de soixante-dix ans

La prison de Terre Haute aux Etats-Unis, le 28 août 2020. — Michael Conroy/AP/SIPA

Cela restera comme l’un des derniers actes de la présidence de Donald Trump. Les Etats-Unis ont procédé mercredi, dans l’Indiana, à la première exécution fédérale d’une femme en près de 70 ans a annoncé le département de la Justice américain. Agée de 52 ans, Lisa Montgomery « a été exécutée au pénitencier fédéral de Terre-Haute », après le feu vert donné par la Cour suprême des Etats-Unis dans la nuit de mardi à mercredi.

La haute Cour a, en effet, refusé à minuit d’ultimes recours déposés par les avocats de Lisa Montgomery, malgré le désaccord de ses trois magistrats progressistes. En 2004, elle a tué une femme enceinte de huit mois afin de lui voler son fœtus. Dans l’incapacité d’avoir un nouvel enfant, Lisa Montgomery avait repéré sa victime, une éleveuse de chiens, sur Internet et s’était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un terrier. Sur place, elle l’avait étranglée, lui avait ouvert l’utérus, avait pris le bébé – qui a survécu –, avant de l’abandonner dans une mare de sang.

« Mme Montgomery est si éloignée de la réalité »

Sans nier la gravité de son crime, ses avocats avaient souligné qu’elle souffrait de troubles mentaux sévères, conséquences de violences et viols en réunion subis dans son enfance. Lundi soir, un juge fédéral avait ordonné de surseoir à son exécution, le temps d’évaluer son état mental. « Mme Montgomery est si éloignée de la réalité qu’elle ne peut pas comprendre rationnellement le motif de l’administration pour son exécution », avait estimé le juge Patrick Hanlon.

Une cour d’appel, saisie par le ministère de la Justice, avait toutefois annulé cette décision mardi, et la Cour suprême, profondément remaniée par Donald Trump, a validé sa décision. Fervent partisan de la peine capitale, comme ses électeurs les plus conservateurs, le président républicain a par ailleurs ignoré une demande de clémence adressée par les soutiens de Lisa Montgomery.

Malgré le recul de la peine capitale aux Etats-Unis et dans le monde, son administration a renoué en juillet, après 17 ans de pause, avec les exécutions fédérales et les enchaîne depuis à un rythme jamais vu. Dix Américains ont reçu depuis l’été des injections létales à Terre-Haute et l’administration Trump prévoit, outre Lisa Montgomery, d’exécuter deux hommes cette semaine : Corey Johnson jeudi et Dustin Higgs vendredi.

Probable nouvelle donne avec Joe Biden

Là encore, une bataille judiciaire féroce est engagée. Un tribunal fédéral a décidé mardi de reporter leur exécution de plusieurs semaines au motif qu’ils ont été contaminés par le Covid-19. D’anciens gardiens de prison ont de leur côté demandé au ministère de la Justice de reporter ces exécutions « jusqu’à ce que le personnel pénitencier soit vacciné » contre ce virus.

Sur le sujet de la peine capitale, les choses pourraient évoluer avec Joe Biden. Le président élu, qui prêtera serment le 20 janvier, est un opposant à la peine de mort et a promis de travailler avec le Congrès pour l’interdire au niveau fédéral.

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