Etats-Unis : Les républicains coulent le projet de réforme électorale poussé par Joe Biden

Lors de son investiture, Joe Biden avait juré qu’il essaierait de travailler avec l’opposition. Mardi, les républicains lui ont gentiment rappelé qu’il n’avait aucunement l’intention de lui faciliter la tâche en bloquant le projet de réforme du système électoral. Alors qu’une majorité de 60 sénateurs sur 100 était nécessaire pour éviter une obstruction parlementaire fatale, le vote pour ouvrir les débats s’est terminé à 50-50, chaque camp arc-bouté sur ses positions.

Poussé par les démocrates et Joe Biden, le projet de loi, baptisé For the People Act, voulait faciliter l’accès aux urnes en imposant à tous les Etats certaines mesures, notamment sur le vote anticipé et par correspondance. Les démocrates ont assuré qu’il s’agissait de « protéger la démocratie » après une élection de novembre âprement disputée devant les tribunaux puis l’assaut du Capitole. Les républicains, eux, ont répondu vouloir respecter la constitution et laisser chaque Etat organiser son scrutin, dénonçant les « risques de fraude », notamment sur la collecte de bulletins par des tiers («ballot harvesting »).

Mitch McConnell ne cède rien

En pratique, les deux camps ont durci le trait. Les démocrates espéraient élargir le vote par correspondance, qui leur a été très favorable en pleine pandémie en novembre, notamment chez les minorités. Les républicains, eux, veulent le limiter car le cœur de leur électorat vit en général dans des quartiers où ils n’ont pas à faire la queue plusieurs heures pour voter.

Le nouveau président américain soutenait ce projet, nécessaire selon lui pour contrer les attaques « absolument sans précédent » contre le droit de vote des minorités. « La démocratie est en danger, ici en Amérique », a martelé mardi la Maison Blanche dans un communiqué. « Le grand mensonge de Donald Trump s’est répandu comme un cancer » chez les républicains, avait tonné plus tôt dans l’hémicycle le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.

Pour le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell, le projet de réforme n’est qu’une « tentative » des démocrates « de faire pencher toutes les élections américaines en leur faveur pour toujours ». « Une prise de contrôle fédérale des élections qui divise », a renchéri Mitt Romney.

McConnell a aussi dénoncé ceux qui, chez les démocrates, appellent à pulvériser la règle du fillibuster exigeant 60 voix pour surmonter les votes de procédure, avant de parvenir au vote final à majorité simple (51). Une option qui reste toutefois très improbable à ce jour, puisque plusieurs démocrates s’y opposent aussi.