Etats-Unis : Les partisans du droit à l’avortement commémorent « Roe v. Wade », 50 ans après

La date du 22 janvier aurait pu être célébrée comme un anniversaire hautement symbolique pour le droit des femmes aux Etats-Unis. Cinquante ans jour pour jour après l’arrêt de la Cour suprême inscrivant le droit à l’avortement dans la constitution américaine, les partisans du droit à l’IVG ont dû dimanche commémorer « Roe v. Wade », jurisprudence enterrée en juin dernier par la plus haute juridiction américaine. Des manifestants ont défilé dans les rues pour soutenir et se battre pour rétablir ce droit au niveau national. De leurs côtés, Joe Biden et Kamala Harris ont eux aussi promis de batailler.

A New York, environ 300 personnes ont défilé, avec les mêmes slogans que les femmes dans les années 1970, comme « My body, my choice » ( « Mon corps, mon choix »). Ymoni Shavuo, l’une des organisatrices, âgée de 27 ans, se souvient avoir pleuré lorsque la jurisprudence « Roe v. Wade » est tombée. « Aujourd’hui nous portons le deuil de ce droit constitutionnel (…) mais je ne suis pas découragée, je ne renonce pas, je suis encore davantage mobilisée », dit-elle à l’AFP.

« Nous devrions célébrer aujourd’hui le 50e anniversaire de Roe v. Wade », a rappelé Joe Biden dans un tweet. « Au lieu de cela, des responsables républicains « MAGA » sont entrés en guerre contre le droit des femmes à prendre elles-mêmes les décisions concernant leur santé », a dénoncé le président démocrate.

Des opposants au droit à l’IVG dans les rues vendredi

La vice-présidente Kamala Harris s’est jointe à cette attaque. « Comment osent-ils ? » s’est-elle exclamée lors d’un discours prononcé en Floride, évoquant ces responsables républicains qui veulent légiférer au niveau fédéral pour restreindre voire supprimer le droit à l’avortement partout aux Etats-Unis. Elle a aussi fustigé « les lois conçues par des extrémistes dans certains Etats dont la Floride » pour restreindre l’accès à l’IVG.

Mais ni le démocrate de 80 ans ni la vice-présidente ne se font d’illusions. L’une des deux Chambres du Congrès, la Chambre des représentants, vient de passer aux mains des conservateurs. Ce Congrès divisé qui rend illusoire une grande loi sur l’IVG, que ce soit d’ailleurs pour le protéger ou le saper. La pression de la droite religieuse, sur ce sujet qui divise l’Amérique depuis des décennies, ne faiblit pas.

Des milliers d’opposants à l’avortement ont défilé vendredi pour réclamer aux parlementaires une interdiction nationale. Le président ne peut lui que prendre des décrets à la portée limitée. Dimanche, la Maison-Blanche a par exemple promis de protéger autant que possible l’accès aux pilules qui permettent d’interrompre une grossesse pendant les premières semaines.