Etats-Unis: Les démocrates ouvrent une enquête officielle d’impeachment contre Donald Trump

La cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, et Donald Trump, le 22 mai 2019 (photomontage). — Sipa/AP

Une grande bataille se prépare. La cheffe des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a annoncé mardi l’ouverture d’une « enquête officielle d’impeachment » contre Donald Trump, estimant que « ses actes jusqu’à ce jour ont violé la Constitution. » Donald Trump a aussitôt dénoncé une « chasse aux sorcières » et un « harcèlement présidentiel », et a déclassifié sa conversation avec le président ukrainien, qui sera publiée mercredi.

A ce stade, il ne s’agit que d’une enquête, qui donne des pouvoirs d’investigation aux élus démocrates. Mais Nancy Pelosi n’a pas garanti que la Chambre voterait dans la foulée –cela dépendra de ce que l’enquête révèle. L’impeachment est l’équivalent d’une mise en accusation. S’il était voté – à la majorité simple à la Chambre – il serait suivi d’un procès au Sénat. Pour destituer un président américain, il faut une condamnation à la majorité des deux tiers (67 sénateurs sur 100), ce qui ne s’est jamais produit dans l’histoire américaine (Nixon avait démissionné avant). Et avec un Sénat contrôlé par les républicains, Donald Trump semble pour l’instant à l’abri, même si Mitt Romney s’est dit « gravement troublé » par les fuites sur son appel téléphonique au président ukrainien.

Un appel controversé au président ukrainien

Le 9 septembre, l’inspecteur général des services de renseignement a informé le Congrès qu’il avait été saisi un mois plus tôt d’un problème « urgent » par un lanceur d’alerte « crédible », lui-même membre de la communauté du renseignement. Mais l’administration de Donald Trump a refusé de transmettre aux parlementaires le contenu de ce signalement.

Les médias américains ont alors enquêté sur ce mystérieux lanceur d’alerte. Selon eux, il s’était inquiété, entre autres, du contenu d’une conversation téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, survenue le 25 juillet. Acculé par de nombreuses fuites, le président américain a reconnu dimanche avoir évoqué lors de cet entretien le favori de la primaire démocrate pour la présidentielle de 2020, Joe Biden, et son fils Hunter.

Or, quelques jours avant cet échange, Donald Trump avait ordonné le gel de près de 400 millions de dollars d’aide militaire à l’Ukraine. L’opposition démocrate le soupçonne d’avoir utilisé ces fonds pour pousser Zelensky à lancer une enquête pour corruption sur Hunter Biden, qui a fait du lobbying en Ukraine, afin de salir son père. « Je n’ai mis aucune pression sur » l’Ukraine, a rétorqué Donald Trump, qui assure avoir bloqué cette aide pour inciter d’autres pays occidentaux à contribuer au budget militaire de l’Ukraine.

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